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[Nouvelle] Nocturne + autres textes

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Re: [Nouvelle] Nocturne + autres textes

Message par miyaki2384 le Ven 04 Juil 2008, 21:09

Merci beaucoup pour ton enthousiasme ^^
En effet, je vais présenter cette nouvelle pour l'édition Griffe d'Encre pour un recueil porté sur ce thème. Croisons les doigts :)

Contente de voir que la fin ne choque pas, j'avoue que c'est une partie particulièrement difficile pour moi, car je ne suis pas spécialiste des "choses" courtes. Et puis je voulais finir sur une touche plus mignonne. Que cela laisse le lecteur le soin d'imaginer la vie qu'il veut pour les protagonistes.

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Re: [Nouvelle] Nocturne + autres textes

Message par miyaki2384 le Lun 07 Juil 2008, 16:37

Cette fois-ci, après le thème de l'eau, j'ai voulu m'attaquer au feu. Bien que cela ne soit demandé par personne, je compte garder les mêmes "règles", à savoir une limite de 50.000 caractères et de respecter le sujet en tant que tel.

Je vous présente donc le début de ce texte, que j'ai appellé "Phoenix" pour le moment (surprenant n'est-ce pas ? :p)

Bonne lecture à vous.

Je suis né il y a bien longtemps. Alors que les hommes commençaient à peine à marcher sur cette terre qui devait les voir évoluer….je suis né de cet orage qui a fait fondre un éclair sur cet arbre sec et m’a donné vie sous les yeux ébahis et effrayés de ces bipèdes à peine formés. Je les regardais de toute ma hauteur en me demandant où j’avais atterri, quand l’un d’entre eux a attrapé une branche et m’a emmené avec lui en me brandissant tel un trophée.
Sentant ma chaleur, ils m’ont posé en hauteur et m’ont donné à manger avec d’autres branches, dont certaines que j’ai recraché par leur goût infect. J’y ai fait mon nid alors qu’ils m’entouraient de pierre pour me garder à l’abri de la pluie et je les ai regardé vivre autour de moi en continuant de cracher des étincelles.
Personnellement, je n’ai pas tout de suite compris comment j’avais atterri sur Terre. C’est seulement lorsque ces créatures ont commencé à faire cuire leurs aliments et à prendre conscience de mon importance que j’ai réalisé ma fonction première. Bien sûr, ce n’était pas très palpitant pour moi, mais je me suis peu à peu fait à cette vie tranquille, tout en les regardant vivre autour de moi et en étudiant leurs étranges us et coutumes.

Un jour cependant, ils ne sont pas revenus. J’ai patiemment attendu en mâchant mon bois, mais ni les hommes, ni les femmes ne sont revenus me nourrir. Même les enfants qui courraient toujours près de la grotte ont disparu. J’ai tenté de jeter un coup d’œil en direction de la sortie sans quitter mon garde mangé, mais une énorme créature a dressé son museau vers moi et a apporté de l’eau tout près de moi. Un tigre à dent de sabre.
Je me suis figé en retenant difficilement mes crépitements. Il n’a pas eu l’air de faire attention à moi. Il est reparti en poussant un feulement et toute sa petite famille l’a suivi, la robe de sa fourrure taché de sang. J’ai mis un moment à comprendre ce que cela voulait dire. C’est lorsque j’ai commencé à me percher sur un tas de brindille que j’ai réalisé que personne ne reviendrait me raviver. J’allais mourir ici aussi bêtement que j’étais né.

_Piii ?
Soudain, alors que je voyais le noir m’envahir, une autre tête est entrée dans la grotte. Un énorme piaf aux longues plumes, qui devait sans doute chercher un abri pour se protéger de la tempête qui régnait dehors. Il s’est ébroué et j’ai senti la vie me quitter. Il ne restait plus de moi que quelques flammèches bleues qui mourraient lentement.
_Piii ?
L’oiseau a penché son bec vers moi et a secoué mes brindilles d’un geste sec, comme s’il cherchait quelque chose à manger juste en dessous. J’ai protesté en le frappant, mais ça n’a pas eu l’air de lui faire peur. Au contraire, il est revenu à la charge. Je lui ai brutalement attrapé le bec et il m’a soudain soulevé de mon nid en piaillant de joie.
J’ai hurlé de peur. Pourtant, je ne mourrai plus. Non au contraire, je grandissais. Inconsciemment, mon corps grandissait jusqu’à l’envahir complètement. J’ai couvert chacune de ses plumes sans jamais le brûler.
Cet oiseau est devenu mon nouveau nid. Ses plumes si ternes sont devenus rougeoyantes.

J’ai alors réalisé que les dieux avaient entendu mes appels de détresse et m’avaient envoyé un messager pour que je survive loin de cette grotte sombre et lugubre sans ma lumière. Ce dernier a piaillé de joie et m’a entraîné loin d’ici, toujours plus loin, là où vivaient les hommes. Je leur ai apporté la chaleur qui leur manquait et j’ai continué ma route à travers le monde en attendant qu’ils apprennent à vivre sans moi.

Ils ont rapidement réussi à dompter mes enfants. Peu à peu, j’ai voyagé pour simplement observer l’humanité s’étendre et évoluer vers d’autres horizons. J’ai vu les hommes s’épanouir et user de mes dons à bon ou mauvais escient. Mettre le feu au champ de leur voisin pour le faire fuir, brûler des femmes pour des raisons absurdes, tuer des innocents ou autre contraire, réchauffer des indigents, survivre à un hiver trop froid…j’étais partout et pourtant, je n’étais nul part.

J’ai possédé de nombreux corps d’animaux en privilégiant les oiseaux de grande envergure. Ces peuples m’ont vénéré, m’ont construit des autels, des temples, ont craint mes colères et ont pleuré pour mes flammes… Puis un jour, je suis devenu obsolète. Ils savaient faire naître des semblables sans mon aide. Ils savaient les contrôler, les guider…je n’étais plus une divinité, je n’étais qu’un élément parmi d’autre. Le plus important certes ! mais plus rien en moi ne donnait vie à présent..."

Un peu particulier j'avoue. Mais je garde toujours cette idée de faire "différent"...j'espère que cela vous a plu ^^

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Re: [Nouvelle] Nocturne + autres textes

Message par Cartman le Lun 07 Juil 2008, 20:25

Un peu particulier mais je pense qu'il y aura encore de choses inattendue comme dans le texte précédent.

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Re: [Nouvelle] Nocturne + autres textes

Message par miyaki2384 le Mer 09 Juil 2008, 14:41

La suite, toujours aussi étrange :)

"J’ai quitté les oiseaux pour des animaux plus discrets. Je voulais me rapprocher des hommes, voir ce qui leur manquait. Voir pourquoi je n’existais plus à leurs eux que pour mon « utilité » première. J’ai pris des chiens, des rats…je les ai vu inventer, se déplacer à travers les continents. J’ai attrapé la première montgolfière, j’ai assisté à des plans de bataille, j’ai accompagné les révolutionnaires, je suis monté à bord de la première locomotive…
J’ai vu des milliers d’incendies. Provoqués par des humains ou par des frères…j’ai parfois aidé à les stopper ou au contraire à les étoffer.
La nature avait bien besoin de nous pour toujours renaître, plus belle, plus forte…

Ce jour-là, j’étais le corps d’un chat errant. Et comme à chaque fois que je changeais de moyen de locomotion, sa robe était devenue rougeoyante. J’essayais donc de me faire discret.

La ville était en émoi. Les hommes se battaient derrière les barricades face aux soldats armés de baïonnette. La Commune qu’ils appelleraient ça plus tard.
Je déambulais en prenant les ruelles et chassais quelques rats pour entretenir la forme de mon hôte, quand j’ai vu un homme. Il n’avait rien à faire là, si on considérait le tumulte extérieur. Mais j’ai vite reconnu ces gestes qui étaient familiers. De quoi mettre le feu et le premier étage de la maison visée s’enflammait déjà.
Il a pris la fuite sans attendre et tout s’est très vite propagé.
Je me suis assis là et j’ai regardé les étincelles monter peu à peu à l’étage.

Soudain, il y a eu des cris. La maison était habitée, comme toutes les autres à côté. Ils étaient nombreux. Certains tentèrent même de sauter par les fenêtres qui ne tardèrent à s’enflammer à leur tour.
J’ai vu des milliers de morts, ceux-là ne m’ont donc fait ni chaud ni froid. Mais alors que je m’apprêtais à faire demi-tour d’un pas nonchalant, j’ai remarqué cette fille. Elle venait de sortir avec deux enfants dans les bras. Elle les a déposé sur les pavés puis est retournée à l’intérieur malgré le fait que sa chemise de nuit prenait déjà feu. Intrigué, je me suis avancé et j’ai jeté mon museau par la première fenêtre. Elle grimpait déjà à l’étage alors que des poutres du toit tombaient en morceau.
J’ai alors bondi sur le parquet et j’ai slalomé entre les mèches qui dévoraient le parquet. Certaines d’entre elles m’ont insulté en pensant que je venais leur piquer leur dîner, mais je les ai ignoré et j’ai sautillé sur les marches pour gagner l’étage.
La fille était là et aidait d’autres enfants à sortir de leur lit malgré la fumée qui leur empoisonnait les poumons. J’ai alors compris que nous étions dans une sorte d’orphelinat de fortune. Il y avait encore beaucoup de gamins et les flammes léchaient déjà les murs. Elle ne parviendrait jamais à tous les faire sortir à temps.
_Le chat !
L’un des bambins m’a aperçu et m’a crié après. La fille a fait volte-face et m’a regardé.
_C’est pas vrai ! Va-t-en idiot ! Tu veux mourir ici ?!
Elle a attrapé la première chose qui lui ait passé sous la main et me l’a lancé pour que je m’enfuie sans demander mon reste. Puis elle s’est tournée vers les enfants qui sont venus se serrer contre elle, en attendant que le feu les dévore. J’ai commencé à faire demi-tour mais je n’ai pas pu aller plus loin. Leurs pleurs m’ont figé. Timides, discrets…pas de grand cris, pas de plainte à leur dieu….
Je suis revenu sur mes pas alors que la maison partait en lambeau. Tout craquait, les flammes cherchaient à me repousser et sifflaient mon nom comme une injure. Mais je me suis approché de cette fille. Elle m’a regardé venir et a tendu une main pour me caresser. Elle allait mourir et elle restait là, à serrer les enfants et à les rassurer alors qu’il n’y a rien à faire…

Je n’ai eu qu’un soupir. Je n’étais pas censé m’apitoyer sur le sort des humains. Je devais vivre sans jamais m’occuper d’eux. Mais cette fille…je devais récompenser son courage.

J’ai pris une grande inspiration et j’ai aspiré toutes les flammes autour de moi. Elles ont hurlé leur colère et ont tenté de reprendre le dessus en roussissant ma fourrure. Mais j’avais des siècles de vie. Rien ne pouvait me vaincre. Surtout pas ces gamines avec quelques minutes d’existence à peine.
Alors je les ai mangé les unes après les autres, affamé. Le chat que j’étais est devenu aussi gros qu’un tigre et a fini d’avaler la moindre étincelle avec gourmandise. La fille m’a regardé avec des yeux écarquillés et s’est empêché de crier, les deux mains sur la bouche. Les enfants évanouis à cause de la fumée, elle était seule et terrorisée. Mais elle continuait de m’observer alors que ses jambes tremblaient.
« N’aie pas peur. J’ai trop mangé »
_Ah…si…si vous le dites…
Elle a reculé et s’est rapprochée des enfants pour les ramener contre elle. Elle m’a ensuite regardé et a attrapé les plus légers dans ses bras.
_Vous…vous devriez vous en aller. Les hommes vont venir m’aider.
« Tu ne me crains pas ? »
Elle a soulevé une petite fille et s’est tournée vers moi.
_Qui que vous soyez, vous nous avez sauvé. Mais les gens …allez-vous-en avant qu’ils ne vous prennent pour le diable !
Sur ce, elle a filé par l’escalier maintenant froid et des exclamations se sont faits entendre. Personne ne comprenait ce qui venait de se passer, mais bientôt, ils envahiraient la maison pour apporter les premiers soins.

J’ai repris ma taille de simple chat errant et j’ai sauté par la fenêtre pour gagner les toits. Ce dernier a failli s’effondrer sous mes pattes. Je me suis dépêchée de m’éloigner alors que le véhicule des pompiers se glissait difficilement dans la ruelle puis j’ai gagné la colonnade voisin pour voir les hommes faire la chaîne pour éteindre les feux alentours. La fille a été prise en charge par des femmes et les enfants par des infirmières. La police est ensuite arrivée, mais le coupable était parti depuis longtemps.

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