bafouille à moi...

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Re: bafouille à moi...

Message par vennusse le Jeu 08 Fév 2007, 23:20

prums.... Moi j'en veux un avec une dédicace dessus bbb ste plait ;)
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Re: bafouille à moi...

Message par Adrenaline le Jeu 08 Fév 2007, 23:23

T'as compté le mien ?
Sinon ca fait un de plus.......et je l'aurai demain.......... nib

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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:24

Vennusse> tu m'envoie le livre et je gribouille partout, j'te ferai même un dessin...(nb, joindre l'enveloppe retour, car moi pas de sous).

Adrénaline> vi, le tiens est compris dans ce chiffre... vi j'ai honte...
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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:36

juste pour le fun, le début d'un histoire parodique de fantastique et de policier


2 Sorcières ½


Dossier n°1 :
Meurtre à Sainte-Gudule
.

1 : Bienvenu à Sainte-Gudule !

"La journée avait mal commencé. Ma femme m’avait quitté, mon chien s’était sauvé, mon poisson rouge s’était suicidé, et, pire que tout, la machine à café du commissariat était en PANNE !"

La personne qui, en ce matin du 5 février, broyait ainsi du noir devant cette fameuse machine à café, n’était autre que le commissaire Magret en personne. Et, en fait de machine à café, il s’agissait d’un distributeur extrêmement hideux du genre de ceux que l’on trouve dans divers lieux publics tel que les gares ou les aéroports et qui enlaidissait considérablement le hall d’entrée du commissariat de Sainte-Gudule. Cette machine infernale ne se contentait pas d’être laide, en plus elle vous servait, contre la modique somme d’un euros, le pire café dans les deux-cents kilomètres à la ronde. Ce breuvage ressemblait plus à du jus de chaussettes tiède qu’à une infusion de grains de café torréfiés et moulus. Le tout était servi dans un gobelet en plastique sur lequel était imprimé « J’aime la Police ! ». (Il s’agissait d’une idée géniale du divisionnaire)
Néanmoins ce matin là, ce satané engin n’avait même pas dénié donner un gobelet vide. Quand le commissaire avait mis sa pièce, la machine avait produit un bruit métallique, puis le petit écran situé au-dessus de la fente où l’on mettait l’argent s’était illuminé et avait affiché le traditionnel « Patientez ». Après quelques secondes d’attente, le même écran avait souhaité une bonne journée au commissaire. C’était, hélas, la seule chose qu’avait faite cet engin de malheur.
Le commissaire Magret examina la machine d’un oeil perplexe. Décidément cette journée était maudite. Agacé, il appuya sur le bouton de retour de la monnaie, autant récupérer son argent et réessayer, on savait jamais.
La machine refusa d’obtempérer.
Sentant monter en lui une sensation de manque (il lui fallait sa dose de caféine matinale sinon ça allait barder), le commissaire appuya frénétiquement sur le bouton sensé lui rendre son argent. Dans le hall, accoudée au guichet d’accueil du public, une boulangère, qui finissait de remplir une déclaration de vole en trois exemplaires pour la disparition de sept sucettes aux fruits, de deux oursons en gélatine et d’une boule de chewing-gum, lui jeta des regards hautains.
La machine, n’aimant pas du tout ce traitement, émit un long sifflement strident.
Surpris, le commissaire fit un bon en arrière. Néanmoins il ne comptait pas en rester là, il voulait son jus de chaussette à la caféine. Ne voyant pas d’autre solution, le commissaire fit appel au moyen ultime contre ce genre de problème. Aux grands maux, les grands remèdes !
« POIVROT ! » Hurla-t-il.
Le brigadier Poivrot, Hercule de son prénom, apparut pratiquement instantanément aux côtés du commissaire. Il s’agissait d’un homme aussi grand, maigre, brun et chevelu que le commissaire était petit, gros, pâlichon et chauve. Le brigadier était d’un calme imperturbable et c’était qu’ailleurs pour cela qu’il était devenu au fil des années l’assistant du commissaire, il était le seul brigadier en poste à Sainte-Gudule capable d’affronter les sautes d’humeur du grand chef. Poivrot faisait donc office de secrétaire, de chauffeur, de coursier, d’homme à tout faire et de souffre douleur au commissaire Magret.
Le brigadier Poivrot était pourtant un homme encore jeune (il n’avait que 32ans) et intelligent. C’était d’ailleurs pour cela qu’il n’avait aucune envie de monter en grade. Ok, parfois le commissaire était insupportable, mais le poste de brigadier était un poste sans responsabilité, pas besoin de se prendre la tête sur des enquêtes tordues pour trouver des coupables qui n’avaient pas du tout envi qu’on les trouve… Ha non alors ! Lui, il préférait rentrer tranquillement le soir chez lui où l’attendait une maman attentionnée et à passer ses soirées à s’entraîner à « Des Nombres et des Mots » ou à « Question pour un Champignon ».
« Poivrot ! Auriez-vous l’amabilité de parlementer avec cet engin du diable pour m’obtenir un café long sucré ? » Reprit la voix colérique du commissaire.
« Vous avez mis une pièce ? » Interrogea le brigadier avec naïveté.
Le commissaire lui lança un regard assassin.
Poivrot se contenta de cette réponse. Il examina alors le distributeur sous tous les angles, vérifia que la prise électrique était correctement branchée, vérifia le raccord du tuyau d’eau. Il ne trouva rien d’anormal.
Il se gratta l’oreille droite quelques secondes… Ce n’était pas parce qu’il réfléchissait mais parce que quelque chose le chatouillait à cet endroit, il était grand temps qu’il aille chez le coiffeur. Il soupira. Il allait devoir appliquer la technique immuable pour obtenir des cafés à l’œil sur cette satanée machine. Il aurait préféré que le commissaire ne soit pas au courant mais bon, tant que ce dernier n’aurait pas eu sa dose de caféine il serait invivable.
Le brigadier Poivrot donna un coup de la paume juste au-dessus de l’ouverture où était servie le café. Un gobelet « J’aime la Police ! » dégringola. Un coup du plat de la main sur le coté droit de la machine, au niveau des boutons de sélection de la boisson désirée, fit tomber une dose de sucre en poudre. Un coup dans le coin en haut à gauche mit la machine en route et un liquide noirâtre se déversa dans le gobelet. Pour achever la manœuvre, le brigadier obtint une touillette grâce à un coup de talon dans le coin en bas à droite.
Complètement ébahit, le commissaire prit le gobelet fumant « J’aime la Police ! » que lui tendait le brigadier.
« Retournez à votre poste, Poivrot ! » Dit-il en guise de remerciement.
Le brigadier disparut sans se faire prier.

Le commissaire se dirigea, avec précaution, vers son bureau qui était situé au deuxième étage du commissariat. Il faillit s’ébouillanter plusieurs fois en chemin mais c’est sans perdre une goutte du précieux liquide qu’il arriva à destination.
Tout au long du chemin il avait essayé de retenir la manœuvre pour avoir un café gratuit au distributeur… devant pour le gobelet, à droite pour le sucre… en haut à droite… ou alors était-ce à gauche ?… pour le café et … heu… pour la touillette… pas la moindre idée… Il demanderait à Poivrot un peu plus tard…où même, plus simplement, Poivrot se chargerait d’aller lui chercher le café.
Il referma soigneusement la porte du bureau pour plus d’intimité et alla s’installer dans son vieux siège à la matelassure usé jusqu'à la trame.
Il commença à siroter son café en épluchant le courrier du jour. Réclamations… Plaintes… Lettres anonymes de délation … publicités… lettres d’admiratrice secrète... et ainsi de suite. Rien d’extraordinaire, juste le courrier quotidien.

Alors qu’il lisait une passionnante lettre de dénonciation au sujet d’un gang de voleurs de sucettes qui, soit disant, sévissait dans l’ouest de la ville, la porte du bureau du commissaire s’ouvrit violemment. Le brigadier Poivrot entra en coup de vent dans l’antre de son patron en criant un « Commissaire ! » plutôt pressé. Le commissaire sursauta et fit tomber du café sur la lettre qu’il lisait.
« POIVROT ! » Hurla-t-il « On ne vous a jamais appris à frapper avant d’entrer ?! Sortez et revenez en respectant les règles élémentaires du savoir vivre ! »
Le brigadier ne préféra pas défier le commissaire, ce qu’il avait à dire était de la plus haute importance mais mieux valait ne pas s’attirer les foudres du chef. Poivrot ressortit donc de la pièce sans dire un mot. Il referma consciemment la porte en silence. A nouveau dans le couloir, il frappa trois coups secs à la porte.
Le commissaire décida que ce manquement à la politesse et à la hiérarchie méritait une petite punition. Il fit un peu attendre le brigadier et ne répondit pas. Il reprit sa passionnante lecture au sujet du gang de voleur de sucette, il en était à un passage de première importance où on apprenait qu’à la tête du réseau de ce trafique de confiserie il y avait un dénommé Capone.
Le brigadier n’ayant obtenu aucune réponse frappa à nouveau.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:37

Complètement plongé dans sa lecture, le commissaire ne dénia pas répondre cette fois non plus. Il prit une gorgée de l’immonde café, ce qui lui fit faire une grimace de dégoût. Mon Dieu qu’est ce qu’on ne ferait pas pour avoir sa dose de caféine.
Poivrot, toujours dans le couloir, commença à s’impatienter. Il frappa trois nouveaux coups, plus forts et plus rapides que les précédents.
« Entrez ! » Cria enfin le commissaire.
Sans s’énerver, le brigadier Poivrot ouvrit la porte et entra dans la pièce. Le commissaire lui fit un geste de la main pour lui ordonner d’attendre en silence. Poivrot obéit docilement même si ce qu’il avait à dire était plutôt urgent.
Le commissaire finit de lire tranquillement la lettre de dénonciation au sujet du gang de voleur de sucettes. Il la relut pour être sûr de ne pas avoir raté d’éléments importants. Il la relut ensuite une troisième fois pour bien avoir tous les détails de l’affaire en tête. Il la relut une quatrième fois juste pour le plaisir et une cinquième fois pour faire enrager le brigadier. Finalement il déposa le papier dans la pile « piste à suivre » et tourna enfin son attention vers Poivrot.
« Alors ! Qu’avez vous de si important à me dire ? »
Le brigadier poivrot respecta un petit moment de silence pour ménager ses effets dramatiques. Il attendit silencieusement jusqu’à ce que le commissaire montre des signes évident d’énervement.
« Des promeneurs ont découvert, tout à l’heure, sur la Promenade-des-Amoureux, un couple » Articula-t-il lentement de manière à faire enrager le commissaire. « Ils étaient on ne peut plus mort… assassinés par des flèches comme le couple de la semaine dernière ! »
« C’EST SEULEMENT MAINTENANT QUE VOUS ME LE DITES ?! » Hurla le commissaire. « Vous pouviez pas me le dire tout de suite ! Espèce d’incapable ! »
Le brigadier n’essaya même pas de signaler que c’était lui qui l’avait fait attendre.
« Allez me cherchez une voiture, nous partons sur le champ! »
Le brigadier, qui aimait bien quand il y avait un peu d’action, se précipita si vite hors du bureau que ses semelles de chaussures crissèrent sur la moquette et qu’un nuage de poussière se forma dans son sillage. Il ne prit même pas la peine de fermer la porte derrière lui.
« Mais pas si vite ! » Cria le commissaire. « Ils sont morts, ils vont pas se sauver ! » Ajouta-t-il. « …et puis j’ai pas fini mon café » Acheva-t-il d’un ton un peu boudeur.

A bord d’une vieille voiture de service, Le brigadier Poivrot et le commissaire Magret traversèrent toute cette bonne vieille ville de Sainte-Gudule. En cette heure matinale, ils ne croisèrent pas grand monde.
Sainte-Gudule était une ville de près de cinq-mille habitants située au cœur du Marais-Poitevin, à la limite de la Vendée et des Deux-Sèvres. Sillonnée et entourée d’un réseau très dense de canaux de toutes les tailles que l’on appelait dans le jargon du coin des « conches » et constituée de nombreuses îles verdoyantes et boisées, la ville se targuait d’être le cœur de la Venise-Verte, du nom qu’avait donné ce cher Roi Henri IV à la région. C’était grâce à cette réputation que chaque été la population de Sainte-Gudule triplait. Les touristes aimaient se balader au frais, au fil de l’eau, à bord des traditionnelles barques à fond plat, dans la pénombre rafraîchissante des arbres.
Pour attiré encore plus de touristes et vraiment mériter le titre de Venise-Verte, la municipalité avait fait aménager une vaste étendue de parc, avec des bosquets et de charmants petits ponts bucoliques enjambant les conches. Il s’agissait de la Promenade-des-Amoureux. La construction de ce parc avait coûté une vraie fortune et avait soulevé une vive polémique. En effet, les vieux maraîchins qui avaient toujours vécu dans la zone où avait été construit la Promenade avaient crié au scandale et avaient déclaré que c’était de la folie de construire quoi que ce soit à cet endroit car cela allait déranger les feux follets qui vivaient dans le coin.
Heureusement ce n’était pas ce genre de vieille superstition qui pouvait arrêté un projet de cette envergure. Le parc avait donc été inauguré le 26 juin précédent sans aucun incident.

Le brigadier gara la voiture sur le parking situé à l’entrée du parc. Il y avait déjà trois autres voitures de polices à cet endroit ainsi qu’un véhicule médical et une voiture de presse.
L’accès à l’entrée du parc était contrôlé par un agent qui salua brièvement le commissaire et lui indiqua tout aussi succinctement la localisation du lieu du crime. Mais, même sans ces explications, l’endroit où avaient été trouvé les corps n’était pas bien difficile à remarquer. I n’y avait pas loin d’une dizaine de personnes à y tourner en rond. Le commissaire doutait que tout ce petit monde ait une raison valable de se trouver là.
Le brigadier, précédé du commissaire, longea l’une des allées du parc en regrettant de ne pas avoir pris une paire de bottes. La Venise-Verte, c’était bien joli mais en hivers, c’était inondé et les terrains devenaient vite marécageux. D’ailleurs la majeure partie de la Promenade-des-Amoureux était noyée sous un mètre d’eau et les rares bosquets épargnés par la crue, était de tel bourbier que des sables mouvants auraient ressemblé à de vraies plaques de béton très durs à côté.
En évitant une mare de boue, le commissaire se demanda bien ce que les victimes étaient venues faire là. C’était franchement sinistre et glauque comme endroit à cette saison. En plus après le double meurtre qui avait eut lieu la semaine précédente le parc avait été interdit au publique.
Parlons en du crime qui avait eut lieu dans ce parc la semaine précédente. Un jeune couple venu admirer le spectacle de l’eau sur les prés s’était violemment fait assassiner d’une flèche en or planté en plein cœur. Aucun indices, aucun témoin… rien de rien. Un cauchemar !
Face à l’incompétence de ses subalternes, le commissaire Magret avait décidé de prendre l’affaire en main. Mais après plusieurs jours d’enquête et des litres de café, il en était toujours au même point, c’est-à-dire nul part.
A quelques mètres des lieux du crime, le commissaire apostropha un petit homme brun qui portait un imperméable usé.
- Lieutenant Colombeau ?! Que faites-vous ici ? Je vous ai retiré l’enquête que je sache ! Gronda le commissaire.
- Ho… vous savez, comme dit ma femme, il… Commença à répondre le lieutenant.
- Je n’ai que faire de votre femme, lieutenant ! Le coupa le commissaire. Vous devriez être en train d’enquêter sur la disparition des télescopes du club d’astronomie !
Le lieutenant voulut argumenter mais le commissaire le foudroya du regard. Tout penaud, le lieutenant s’éloigna et prit le chemin en direction de la sortie du parc.
Le commissaire et le brigadier s’approchèrent de la foule qui s’affairait autour des deux malheureuses victimes. Ils furent aussitôt harponnés par une journaliste et un photographe de presse.
« Commissaire ! Commissaire ! Loïs Kente pour le Courrier du Marais. Est-ce le même assassin que pour Juliette et Roméo Monpulet ? Un tueur en série menace-t-il notre bonne ville de Sainte-Gudule ? »
Le commissaire préféra faire comme s’il n’avait rien vu et rien entendu et continua sa progression vers la scène du crime. N’appréciant pas d’être ignorée à ce point, la journaliste fit un signe au photographe qui l’accompagnait. Ce dernier, grand et baraqué, se mit dans le chemin du commissaire, contraignant ce dernier à s’arrêter.
« Commissaire ! » Reprit la journaliste. « D’autres meurtres sont-ils à craindre ? Devons-nous avoir peur de ce fou sanguinaire qui s’en prend aux couples ? »
Le commissaire devint cramoisi. Le brigadier s’éloigna prudemment comme si son supérieur allait exploser d’une minute à l’autre.
- A votre place, je m’inquiéterais plutôt de ce qui risque de m’arriver, Mme Kente, si vous ne dégagez pas vite fait d’ici ! S’exclama le commissaire en postillonnant.
- Me menaceriez-vous, Commissaire ? Vous oubliez la liberté de la presse ! Il est de mon devoir d’informer mes concitoyens ! Répliqua agressivement Loïs Kente.
- Je vous préviens seulement que si vous ne disparaissez pas de ma vue illico presto, reprit le commissaire en postillonnant de plus bel, que je vous fais coffrer pour entrave aux forces de l’ordre et à la justice ! Vous n’avez rien à faire ici, vous êtes sur les lieux d’un crime. Laissez la police faire son travail !
La journaliste prit un air courroucé et s’apprêta à répliquer à nouveau mais son photographe lui fit signe de ne pas insister. Elle s’éloigna alors raide de dignité bien décider à revenir à la charge dés qu’elle en aurait l’occasion.
Enfin débarrassé de ces gêneurs, le commissaire put enfin accéder au périmètre sécurisé délimité par un ruban jaune portant l’inscription «Zone interdite, Police » et qui était officiellement le lieu du crime. Il y rencontra deux agents qui finissaient d’inspecter les environs à la recherche du plus petit indice.
« Starky ! Hutche ! Que ce passe-t-il ici ? » Leur demanda-t-il.
Starky, un homme grand et brun, sortit un carnet de sa poche.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:39

« Mme Mouilleau Berthe, 82 ans, a découvert les corps alors qu’elle promenait Choupinette, son pitbull. Il était approximativement 8h31. Il s’agit des corps de Tristan L’Ecuyer et Iseut Labêle. Tous les deux morts d’une flèche en plein cœur. » Répondit succinctement Starky.
« Avez-vous trouvé quelque chose cette fois ? » Demanda le commissaire.
Cette fois ce fut au tour de Hutche, un blondinet plutôt gringalet, de répondre.
« Rien ! Absolument rien ! Pas la moindre trace, la boue est absolument vierge ! Pas le moindre objet non plus… Rien de rien. Comme si les flèches étaient tombées du ciel ! »
Le visage du commissaire prit une expression contrariée.
« Bande d’incapable ! » Marmonna-t-il entre ses dents. « Fouillez tout le parc s’il le faut mais trouver moi quelque chose ! Les flèches ça tombent pas tout seul des arbres et encore moins du ciel ! » Cria-t-il aux deux pauvres agents qui faisaient pourtant de leur mieux.
Starky et Hutche s’éloignèrent de leur supérieur sans un mot. Le commissaire était d’une humeur exécrable, mieux valait ne pas insister. Ils reprirent donc à zéro la fouille méthodique des lieux du crime. Ils firent signe aux deux autres policiers qui les secondaient dans cette tâche pour les informer de la tournure des événements. Tous semblèrent un peu abattus. Ils en avaient un peu marre de patauger dans la boue.

Voilà qui était fait pour le passage au peigne fin du secteur, soupira le commissaire, cette fois rien ne pourrait leur échapper. Restait à aller voir de plus près le crime en question.
Il souleva légèrement le ruban jaune délimitant la scène du crime. Il se pencha pour passer en-dessous mais son pied glissa et le commissaire se retrouva à quatre pattes dans la boue. Le brigadier Poivrot lui proposa de l’aider à se relever mais Magret était bien trop fière pour accepter. Le sol était particulièrement glissant à cet endroit et quand il se retrouva assis dans une flaque, le commissaire regretta soudainement d’avoir refusé l’aide de son brigadier.
Il se releva tant bien que mal. Et c’est avec les plus grande précaution qu’il se dirigea vers l’endroit exacte où avait été découvert les cadavres de Tristan L’Ecuyer et Iseut Labêle… Tristan L’Ecuyer ? C’était un nom qui disait quelque chose au commissaire.
- Poivrot ! Connaissez-vous ce L’Ecuyer ?
Le brigadier réfléchit quelques instants avant de répondre.
- Votre voisin de palier, chef.
- Ha oui, c’est exact. Un chic type, très discret, jamais un bruit !
Tout en parlant ils s’étaient approchés des victimes.
La femme, une jolie blonde de vingt/vingt-cinq ans, était allongée sur le dos, une flèche dorée plantée en plein cœur. L’homme, la peau mate et les cheveux châtains claires, ni petit ni grand, semblait avoir essayé de fuir et était tombé un peu plus loin, face contre terre, une flèche plantée dans le dos.
Agenouillé auprès des victimes, un médecin légiste faisait son travail secondé par un assistant, un étudiant en fin d’étude criminalistique.
« Alors Holmse, les corps vous ont-ils parlé ? » Interrogea le commissaire.
Le médecin légiste se releva pour être plus à l’aise pour parler avec le policier.
- Comme pour Juliette et Roméo Monpulet. La mort a été provoquée par un objet effilé en métal, une flèche en ce qui semble être de l’or, planté en plein cœur. Le décès a été immédiat et a eu lieu entre 22h et minuit hier soir. Celui qui à fait ça était soit très près, soit il s’agit d’un excellent archer. Sinon aucune empreinte sur les armes du crime mais une étude en laboratoire nous en dira plus. Par contre l’angle de pénétration des flèches laisse à penser que l’assassin se trouvait en hauteur.
- Le meurtrier était dans un arbre ? S’étonna le commissaire.
- Oui, c’est élémentaire mon cher Magret. Et aussi, sembla se rappeler Holmse, on a trouvé plusieurs paquets de sucettes dans la veste de Tristan L’Ecuyer et dans le sac d’Iseut Labêle.
Ça, c’était un détail utile, pensa le commissaire avec sarcasme, les sucettes étaient ventes libres aux dernières nouvelles.
- Voilà tous ce que je peux vous dire pour le moment, peut-être en apprendrons-nous plus lors des autopsies.
- Espérons ! Souhaita le commissaire.
- Si vous avez fini avec la scène du crime, reprit le légiste, j’aimerais procéder à la lever des corps.
Le commissaire donna son feu vert et signa le papier que lui tendait Holmse.
« Watsonne ! » S’exclama le légiste à l’intention de son assistant. « Allez chercher les brancardiers, on rapatrie la clientèle au service de médecine légale de l’hôpital de Niort ! »
L’assistant bondit littéralement en se redressant. Il faillit bousculer le brigadier Poivrot qui s’était approché de lui pour voir ce qu’il faisait. Si le terrain n’avait pas été glissant, Watsonne se serait sans doute précipité vers le parking du parc, mais le terrain était plus que glissant alors il avança avec une extrême prudence…
Cinq minutes plus tard, les brancardiers arrivèrent. Le légiste et son assistant les aidèrent à déplacer les corps et tout ce petit monde disparut en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Seul au centre d’un lieu du crime vidé de ses victimes et piétiner dans tout les sens, le commissaire magret fit quelques pas. Il avança jusqu’aux arbres les plus proches. Il leur jeta un coup d’œil scrutateur. «L’assassin se trouvait en hauteur » avait dit Holmse.
Après avoir examiné tous les arbres sur dix mètres à la ronde, le commissaire ne découvrit rien, aucune trace de pas autre que les siennes, aucune trace sur les écorces montrant que quelqu’un avait escaladé les-dit arbres. Rien… toujours rien… désespérément rien. Pas le moindre indice, pas la moindre piste. Le néant complet.
« Cette enquête s’enlise. » Murmura le commissaire en contemplant l’activité qui régnait encore sur le reste de le scène du crime, son instinct lui disait que ses hommes ne trouveraient rien de plus cette fois que pour le double meurtre précédent.
« Vous vous enlisez ! » Fit remarquer le brigadier en regardant le commissaire.
« Je sais, c’est ce que je viens de dire » Marmonna Magret avec agacement. « Mon enquête s’enlise ! »
« Non, Chef ! » Reprit Poivrot calmement. « Vous vous enlisez vraiment ! Vous êtes sur un terrain instable, vous êtes en train de vous enfoncez dans la boue ! »
Le commissaire tourna brutalement la tête en direction de ses pieds et constata qu’effectivement il s’enfonçait. Il avait déjà de la boue jusqu’aux chevilles.
« Faites quelque chose au lieu de rester planté là ! Aidez moi, bougre d’imbécile ! »
Le brigadier Poivrot attrapa son supérieur par les bras et tira de toutes ses forces. Pendant ce temps le commissaire essayait de dégager ses pieds. Hélas la boue était assez compacte et gluante, elle fit comme une énorme ventouse et refusa de libérer le commissaire.
Poivrot dût appeler du secours auprès des autres policiers présents sur le lieu d’intervention. Starky fut le premier et le seul à venir apporter son aide. Il prit l’une des mains du commissaire qui continuait à s’enfoncer et Poivrot prit l’autre. En synchronisant leurs efforts, les deux policiers tirèrent de toute leur force. Le tout étant de tiré tous les deux dans la même direction, leur but n’était pas d’écartelé leur supérieur hiérarchique.
Sentant qu’elle ne faisait pas de poids face à la force conjugué de deux hommes adultes en pleine forme, la boue lâcha prise tout d’un coup. Le commissaire se retrouva alors projeté en avant, la tête la première, sur le sol gluant. Il glissa sur le ventre sur exactement 1m et 23cm.
Furieux, Magret se releva et émit des jurons que la décence ne me permet pas de transcrire ici.
Starky, peu envieux de s’attirer les foudres du commissaire, préféra s’éclipser. Poivrot, qui n’avait pas le choix, aida son chef à se relever et découvrit que le bourbier où s’était enlisé le commissaire avait gardé en souvenir l’une des chaussures de celui-ci.
Le commissaire Magret mit un peu de temps pour se calmer et à être capable de produire une phrase intelligible.
« Poivrot ! Ramenez-moi au commissariat, nous n’avons plus rien à faire ici !… en fait non ! Ramenez-moi chez moi, j’ai froid aux pieds ! »
Sur ce, le commissaire et son second quittèrent le parc de la Promenade des Amoureux.

Le commissaire, avec l’aide de son cher brigadier Poivrot, avait passé le reste de la journée suivant cette macabre découverte à enquêter sur la personnalité et le passé des victimes. Essayant de faire un lien entre ce double meurtre là et celui qui avait eu lieu la semaine précédente, histoire de voir si l’assassin agissait au hasard ou si ses meurtres étaient mûrement réfléchi à l’avance, de manière à établir le profile du meurtrier.
Ce qu’ils découvrirent après cette longue suite d’interrogatoires et d’enquêtes auprès des familles et des amis des victimes, ce fut qu’officiellement Tristan L’Ecuyer et Iseut Labêle ne se connaissaient pas et qu’ils n’avaient absolument aucun point commun avec Juliette et Roméo Monpulet.
Iseut Labêle était une jeune fille dynamique de 22ans qui étudiait l’écologie à l’université de La Rochelle en semaine et était originaire de Sainte-Gudule où habitaient toujours ses parents. Par ailleurs, elle travaillait comme serveuse durant les week-ends dans un restaurant du Gabut (un quartier de La Rochelle), restaurant où elle travaillait à plein temps en été. D’ailleurs cette semaine elle aurait dût se trouver à la Fac et non dans un sinistre parc à moitié inondé.
Tristan L’Ecuyer, lui, était un jeune homme de 28 ans qui vivait de petit boulot à droite et à gauche, jouant les guides touristiques à la saison et les livreurs de journaux ou les livreurs de pizzas le reste de l’année. Il vivait seul dans un petit deux-pièces de la Rue-des-Cagouilles. Les policiers n’avaient rien trouvé d’extraordinaire chez lui, à part peut-être une caisse remplie de sucettes et un message sur le répondeur de son téléphone portable de la part d’un certain Capone.
Les Monpulet, quant à eux, étaient un couple de parisien venu s’installer à la campagne quelques mois plus tôt. Roméo Monpulet était agent d’assurance sur Niort et Juliette Monpulet s’occupait d’une petite boutique d’art qu’elle avait acheté en s’installant à Sainte-Gudule.
Bref que des braves citoyens sans rien à se reprocher et sans lien entre eux.
Cette enquête se révélait être une impasse.

Le 6 février au matin, le commissaire Magret découvrit sur son bureau le rapport du médecin légiste ainsi qu’une boite contenant les pièces à conviction numéro 3 et 4 (C’est à dire les flèches ayant servi à tuer les victimes.)
Le commissaire s’installa dans son antique fauteuil pour étudier tout ça à l’aise. Peut-être y avait-il du nouveau.
« POIVROT ! » Cria-t-il à la cantonade.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:41

Le brigadier apparut dans la seconde qui suivit.
« Allez me chercher un café !… Immédiatement ! »
Poivrot disparut aussi vite qu’il était venu.
Le commissaire ouvrit d’abord la boite contenant les flèches. Chaque arme était conservée dans un sachet en plastique scellé. La lumière fit briller les objets. Magret en prit un et le soupesa. Il devait bien faire plus de cinq-cents grammes. Il reposa l’arme du crime dans la boite et s’intéressa de plus près au rapport du légiste.
La lecture ne lui apprit rien de neuf. Mort instantanée provoquée par une flèche en plein cœur. Le décès remontait à minuit la veille de la découverte des corps dans le parc. D’ailleurs les victimes étaient belles et bien mortes là où on les avait trouvées, les corps n’avaient pas été déplacés.
Sinon Holmse avait fait analyser les flèches par des spécialistes. Il s’agissait de flèches de 812g en or 24 carats. Magret jeta un coup d’œil, par dessus les feuilles du rapport, à la boite contenant les flèches dont il était question. Il y avait là plus d’un kilo d’or pur. Il devait y en avoir pour plus de dix-mille euros de métal précieux. Si on ajoutait à ces flèches celles du meurtre précédent, il y en avait pour une véritable fortune. L’assassin était non seulement un psychopathe mais en plus il devait être sacrément riche pour s’offrir des joujoux de ce prix.
La semaine précédente, le lieutenant Colombeau et le commissaire Magret avaient tout les deux essayé de déterminer la provenance de ces objets ou celle de l’or qui les composait. Ce fut un échec. Cette piste ne les avait mener nul par. Une impasse !
Le brigadier Poivrot revint et déposa sur le bureau de son supérieur un gobelet « J’aime la police ! » contenant un liquide noirâtre et fumant.
Le commissaire prit le gobelet sans vraiment y prendre garde et se brûla la lèvre.
« Triple imbécile ! » Cria-t-il sur le brigadier qui n’y était pour rien.
Le commissaire reposa le gobelet en faisant attention à ne pas s’ébouillanter une nouvelle fois. Il reprit alors la lecture de l’expertise des armes du crime. Le brigadier Poivrot resta un moment à contempler les flèches d’or poli qui brillaient sur le bureau.
Soudain le commissaire jeta le rapport sur le bureau et attrapa brusquement l’une des flèches. Il l’examina sous tous les angles. N’arrivant pas à trouver ce qu’il cherchait, il reposa l’objet et se mit en quête d’une loupe.
Il fouilla tout les tiroirs de son bureau mais ne trouva pas cette fichue loupe.
« Poivrot ! Allez me chercher une loupe !»
Un peu perplexe face à cette demande, le brigadier mit un peu de temps à réagire.
« Et que ça saute ! » Cria le commissaire.
Cette fois, le brigadier disparut dans le couloir à la recherche de la sacro-sainte loupe.
Le commissaire relut attentivement le rapport d’expertise des flèches. Mais oui ! Mais oui ! L’expert avait bien découvert des inscriptions sur les objets. Une piste ! Ils avaient une PISTE !
Le hic était que personne n’avait pu identifier de quelle langue il s’agissait. Le commissaire contempla quelques instants les transcriptions qui avaient été faites dans le rapport. Il s’agissait d’une suite de symboles compliqués, ne correspondant à aucune langue connue par le département de police scientifique.
Pourtant le commissaire trouvait ces symboles étrangement familiers. Il était sûr d’avoir déjà vu des symboles ressemblant à ceux là quelque part, et il n’y avait pas longtemps.
Le brigadier réapparut tout essoufflé en brandissant une loupe. Il n’avait pas réussit à en trouver une dans le commissariat et avait dût aller l’acheter à la papeterie au coin de la rue. Le commissaire lui arracha l’objet des mains et examina l’une des flèches avec minutie. Il put ainsi voir de ses propres yeux l’inscription comportant pas moins de 52 caractères qui s’étiraient tout le long de l’arme du crime.
N’arrivant désespérément pas à ce souvenir d’où il avait déjà vu ce genre d’écriture, Le commissaire Magret reposa la flèche et reprit la transcription qui était dans le dossier.
« Poivrot ? Ceci vous rappelle-t-il quelque chose ? » Demanda le commissaire en tendant la feuille au brigadier.
Le brigadier Poivrot observa le dessin un moment, puis il fit pivoté la feuille sur elle-même au cas où ce changement d’angle lui éclaircirait la mémoire. Il se gratta le menton en signe de réflexion intense.
Puis, tous à coup, il reposa la feuille sur le bureau et s’enfuit littéralement de la pièce.
« Poivrot ? » S’inquiéta le commissaire face à ce départ précipité. Mais le brigadier était déjà bien loin.
Magret re-examina le dessin sous tous les angles pour essayer de comprendre ce qui avait provoqué la réaction de son subordonné. Il ne trouva pas.
Quelques minutes plus tard, le brigadier Poivrot réapparut comme par enchantement. Il tenait un dossier dans les mains. Il le déposa grand ouvert devant son supérieur.
Le commissaire examina les feuilles qui lui étaient présentées. Il reconnut une affaire qui avait été classé trois mois plus tôt. Un affaire de vandalisme dans l’ancien cimetière de Sainte-Gudule. Cette affaire avait permis de démanteler une secte satanique qui s’était installée en ville et qui pratiquait des rituels macabres dans des endroits plus sinistre les uns que les autres.
Le brigadier Poivrot avait ouvert le dossier sur une photo de la crypte où se réunissaient les adeptes de la secte et où ils disaient pratiquer la magie noire et la sorcellerie. Le commissaire remarqua alors les inscriptions en grandes lettres rouges qui s’étendaient sur les murs, sur la voûte et sur le sol de la crypte, il s’agissait du même genre de symboles que ceux de la flèche.
Le responsable de la secte avait avoué qu’il s’agissait d’écriture de sorcellerie mais qu’il n’avait pas la moindre idée de leurs significations. Il s’était juste contenté de les recopier à partir d’un vieux grimoire qu’il avait déniché au marché aux puces de Montreuil, à Paris.
La secte satanique ? Pouvait-elle vraiment être derrière les deux doubles meurtres ? Le commissaire jeta un coup d’œil en direction des deux flèche d’or 24 carats qui étaient soigneusement ranger dans une boite sur son bureau. Il doutait que cette secte ait pu commettre ces crimes car ses adeptes étaient âgés tout au plus de 21 ans et ils étaient pauvres comme Job. Certains erraient même d’un foyer d’accueil pour sans abri à l’autre. Même en mettant en commun la totalité de leurs biens, ils n’auraient pas pu acheter le dixième d’une seule flèche d’or. Et il y en avait quatre !
Le commissaire soupira. Sa piste menaçait de tomber à l’eau comme toutes les autres. Une écriture de sorcellerie. Ça lui faisait une belle jambe, il ne connaissait personne susceptible de lui traduire ce qu’il y avait d’écrit sur les flèches. Il n’avait pas de sorcier ou de sorcière dans ses connaissances, ni dans le personnel de la police.
Puis il eut une idée. Certes il n’en connaissait pas, mais cela devait pouvoir ce trouver, nom d’un chien. Cela valait le coup d’essayer, il n’avait pas d’autre piste, autant voir jusqu’où elle les mènerait.
« Poivrot ! Allez me chercher un annuaire des Pages-Jaunes. » Ordonna-t-il à son second. Il ne savait pas par où commencer ses recherches, autant commencer par là, c’était le plus simple.
Le brigadier disparut dans le couloir en se demandant bien pourquoi le chef avait besoin d’un annuaire des Pages-Jaunes.
Il revint un peu plus tard charger d’un énorme annuaire national des Pages-Jaunes.
Le commissaire le feuilleta à la recherche de « Sorcellerie ».
Soin à domicile…. Soins esthétique corporel : matériel…. Soins hors d’un cadre réglementé… Sonorisation, éclairage… Soudure : matériel et fournitures….
Pas de sorcier ou de sorcellerie.
« Poivrot ? D’après vous comment peut-on mettre la main sur un sorcier ou une sorcière ? » Demanda le commissaire.
« Dans les Pages-Jaunes ? » S’étonna le brigadier. Il se gratta le menton. « Regardez à ‘Praticien Occulte’ c’est comme ça qu’ils préfèrent qu’on les appelle si je me souviens bien… » finit-il par proposer.
Le commissaire fit tourner rapidement les pages de l’annuaire.
Poste… Poterie…Pots d’échappement… Praticiens Occultes !
Euréka ! Il y en avait une liste qui s’étalait sur deux pages complètes. Quelle belle invention que les Pages-Jaunes ! Maintenant restait à en trouver un pas trop loin de Sainte-Gudule.
Le commissaire survola rapidement les centaines de noms qui figuraient là… Beaufils… Beloirs… Ciredutemps… D’Alembert… Delacours… Edora… Elinas… Gandalfe… Granger… Maxime… Mélusine… Méliore… Merlin… Morgane… Oggs… Orphée… Palestine… Potter… Pressine… Percevault…Radburot… Saroumanne… Vandenloo…Viviane… Xanatos… Zoroastra…
Mon Dieu ?! Comment faire pour en trouver un en particulier dans cette interminable liste ?
« Poivrot ! Allez chercher du café ! Nous allons en avoir besoin, Trouver un sorcier près de chez nous c’est comme chercher une aiguille dans une meule de foin… la matinée va être longue. ! »

Après deux heures de travail acharné, le commissaire, avec l’aide précieuse du brigadier Poivrot, était parvenu à réduire considérablement la liste en éliminant tout les sorciers qui habitaient à plus de deux cents kilomètres de Sainte-Gudule. Mais il en restait tout de même une centaine.
Les deux policiers s’accordèrent une pause déjeuner au bistrot situé en face du commissariat.
Suite à ça, ils reprirent leur quête assidue d’un sorcier ou d’une sorcière dans les environs de Sainte-Gudule. Après un long moment de repérage sur une carte, la liste se réduisit à trois noms dans un rayon de 25km: Pressine Marie-Christine, Freton Aranael et Vandenloo Cunégonde et Gertrude.
Leur choix se porta alors sur les Vandenloo car elles avaient l’avantage d’être deux à la même adresse. C’était un plus, cela signifiait avoir deux avis pour le prix d’un seul déplacement.
« Poivrot ! Allez chercher une voiture. L’enquête redémarre ! » S’exclama le commissaire.
Cette fois, il tenait une piste solide et n’allait pas la laisser passer.


Fin du chapitre 1.. chapitre très sobre encore par rapport à la suite....


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Re: bafouille à moi...

Message par vennusse le Jeu 08 Fév 2007, 23:41

reveanne a écrit:Vennusse> tu m'envoie le livre et je gribouille partout, j'te ferai même un dessin...(nb, joindre l'enveloppe retour, car moi pas de sous).

Adrénaline> vi, le tiens est compris dans ce chiffre... vi j'ai honte...

Ok ,je prépare le tout et je fais suivre ......;)
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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Jeu 08 Fév 2007, 23:48

besoin peut-être d'une adresse?
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Re: bafouille à moi...

Message par vennusse le Jeu 08 Fév 2007, 23:51

ben ........heu...oui ce serai bien bbb
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Re: bafouille à moi...

Message par Adrenaline le Jeu 08 Fév 2007, 23:52

Faut pas avoir honte, y'a des gens qui arrivent jamais a se faire éditer.

L'adresse moi je l'ai déjà, na na na !!!!!!!!! bbb

Oui d'accord je m'en vais ........... bbb

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Re: bafouille à moi...

Message par vennusse le Ven 09 Fév 2007, 00:00

Adrenaline a écrit:Faut pas avoir honte, y'a des gens qui arrivent jamais a se faire éditer.

L'adresse moi je l'ai déjà, na na na !!!!!!!!! bbb

Oui d'accord je m'en vais ........... bbb

et hop, comme pour Mr Rack, Mme Rack , même tarif........... ;)
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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Ven 09 Fév 2007, 00:04

Adrenaline a écrit:
Oui d'accord je m'en vais ........... bbb
ben, pourquoi?
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Re: bafouille à moi...

Message par Adrenaline le Ven 09 Fév 2007, 08:32

C'est pas gentil de narguer les autres, c'est pas gentil du tout.......mais c'est rigolooooooooooooooooooooo :mangdance:

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Re: bafouille à moi...

Message par beulette le Ven 09 Fév 2007, 09:23

la suite ! la suite ! bounce bounce bounce bounce bounce bounce

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Re: bafouille à moi...

Message par Adrenaline le Ven 09 Fév 2007, 15:30

Bouhhhhhhhhhh, l'éditeur de ton livre il a dit que ma commande elle est partie en fabrication et que je l'aurai pas avant 10jours..............snifffffffffffffffffff!!!!!!!!!!!!!

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Re: bafouille à moi...

Message par Adrenaline le Ven 09 Fév 2007, 16:13

mdr !!!!!!!!!!! je veux le suite aussi........

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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:30

bon ben voilà la suite...attention, c'est une peu long




2 sorcières 1/2
2 : La maison aux volets bleus.


Le commissaire Magret freina brusquement. La 4-L s’immobilisa aussitôt. Cette antique voiture émit un bruit indescriptible, un mélange de choc, de tôle et de chute.
Cette voiture avait déjà survécu à deux générations de policier à Sainte-Gudule et ça se voyait. C’était d’ailleurs pour cela que c’était le seul véhicule toujours disponible dans le garage du commissariat. En général, plus personne ne s’aventurait à l’utiliser autrement que contraint et forcé. En effet, si cette voiture avait autrefois avancé à grand coup de chevaux vapeurs, depuis quelque temps déjà (un ou deux ans environ), et comme pendant la moitié du trajet effectué par le commissaire ce jour là, elle n’avançait plus que grâce à la force motrice provenant des mollets du brigadier qui poussait derrière.
Le brigadier Poivrot se redressa en se massant le nez. Lors de l’arrêt pour le moins brutal exécuté par le commissaire, il s’était violemment cogné contre le pare-brise et avait donné un douloureux coup de genou dans le pare-choc. Ce dernier avait alors décidé de prendre sa retraite anticipée et avait essayé de se sauver plutôt que d’être encore vu une fois accroché à ce tas de ferraille ambulant.
Le brigadier ramassa la pièce fugitive et se demanda bien quoi en faire.
« POIVROT ! » Cria le commissaire. « Qu’est ce que vous faites ? »
Le brigadier reposa le pare-choc sur le sol, il verrait plus tard. Il se dirigea vers l’avant du véhicule où l’attendait son chef.
Devant les deux policiers et leur antique 4-L, la route s’arrêtait sur une petite place gravillonnée encerclée par des fossés pleins à ras bord d’une eau verdâtre et boueuse. De l’autre côté de cette conches (car il s’agissait d’une conches, nous sommes toujours en plein marais Poitevin), s’élevait une île surélevée que les gens du coin nomment une motte. Au sommet de cette motte se dressait une maison à l’architecture traditionnelle maraîchine. Murs de pierres grises, un étage pour avoir un refuge en cas d’inondation du siècle, toit presque plat à cause du vent et couvert de tuiles « tige de botte » orange, des volets bleus… Rien d’extraordinaire quoi… Autour de la bâtisse s’étendait une pelouse parfaitement entretenue et d’un vert tellement vif qu’il n’avait rien de naturel, on aurait plutôt dit qu’on l’avait peinte sur le sol plutôt qu’elle y avait réellement poussé. Semés ci-et-là, des arbres fruitiers balançaient leurs branches dépouillées dans le vent d’hiver.
Le commissaire resserra le col de sa veste.
L’île était bordée d’une épaisse haie d’osier où s’élevait par endroit des frênes taillés en forme de têtard comme le sont tous les frênes dans le marais. La cime de deux peupliers dépassait par-dessus la toiture de la maison.
Avec cette description, qui aurait cru que, le plus officiellement du monde, deux sorcières habitaient là ? C’était sans compter sur la fumée qui s’élevait par la cheminée… Une fumée bleu turquoise qui formait de larges anneaux dans le ciel. Avec ce détail, le doute n’était pas permis.
« Nous y voilà ! » Annonça le commissaire Magret d’une voix qui se voulait sûr mais qui n’y arrivait pas tout à fait.
Tout à coup, il fut pris de doute. Cela lui faisait d’autant plus bizarre que d’habitude il ne doutait de rien et parfois même il ne se doutait de rien… enfin bref… Avait-il bien fait de venir ici ? N’était-ce pas une folie ? N’était-ce pas risquer de mêler des civiles à cette histoire de doubles-meurtres ? Avait-il tiré la chasse d’eau après être allé aux toilettes avant de partir ?
« Suivez-moi ! » Finit-il par dire après avoir chassé toute ces questions de sa tête.
Pour accéder à l’intérieur de l’île, une passerelle en bois et en acier inoxydable avait été aménagée par-dessus le fossé. Il y avait un portail à chaque extrémité de ce pond.
Magret serra contre lui la boite contenant la flèche ayant servi à assassiner Tristan L’Ecuyer. Ce n’était pas le moment de la perdre. Il avança vers la première grille. Le brigadier le suivit.
Un panneau blanc était accroché sur le premier portail. Il portait une série de textes :

Bienvenu chez les Sœurs Vandenloo
Avancez jusqu'à la maison,
Sonnez !

Cette inscription se répétait dans une autre langue :

Welcomme at Vandenloo Sisteur’s
Go up tou the maison,
Dring!


La personne qui avait écrit cette traduction avait sans doute voulu le faire en anglais mais ne devait avoir qu’une très vague idée de ce qu’était la langue anglaise sinon il aurait du savoir qu’on ne disait pas Welcomme mais Welcome, que Sisteur s’écrivait en fait Sister, que la préposition tou n’existait pas, que maison se disait house et que le mot dring n’existait pas…
Sous ce paragraphe, venait une troisième inscription. Impossible cette fois de dire à première vu de quelle langue il pouvait bien s’agir. Pour le commissaire, il ne s’agissait que d’une suite de gribouillis inintelligibles. Sans doute une traduction Français/Charabia. Mais voyez plutôt par vous-même :



Le commissaire Magret jeta un coup d’œil rapide à la transcription des symboles qui étaient gravés sur la flèche. Il fut déçu, il ne s’agissait pas du même genre de gribouillis. Combien diable pouvait-il exister de sorte de Charabia ?
La brigadier Poivrot semblait, de son côté, complètement perdu dans la contemplation du panneau.
« Elles devraient prendre des cours de langue ! » Finit-il par proclamer haut et fort.
« C’est sûr ! » Confirma le commissaire, qui grâce, ou à cause, des nombreux touristes qui venaient à Sainte-Gudule chaque année, parlait un anglais des plus correcte.
« Oui… » Renchérit Poivrot sans vraiment prêter attention au commissaire. « Là… » Ajouta-t-il en désignant les premiers gribouillis de la deuxième ligne de charabia. « Le mot ‘Bhar’ devrait être à la forme oblique, il s’agit d’un complètement d’objet ! »
Le commissaire se tourna vivement vers son subalterne.
« Car vous comprenez ces gribouillis, Poivrot ?! » S’exclama-t-il.
« Ce ne sont pas des gribouillis. » Fit doucement remarquer le brigadier comme s’il s’adressait à un demeuré. « Il s’agit de nagari ! »
« Des naga-quoi ? » S’étonna Magret.
« Des Na-ga-ri ! » Articula soigneusement et calmement Poivrot « L’écriture de la langue Hindi ! »
« Car vous parlez Hindi ? » Marmonna Magret, perplexe.
« Bien évidemment ! » Répondit le brigadier Poivrot avec une telle innocence que ce ne pouvait qu’être vrai. « Pas vous ? »
Le commissaire préféra ne répondre pas à cette question mais lança un regard en coin à son second. Ce type était vraiment bizarre.



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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:33

Pour couper court à cette discussion sur ses connaissances linguistiques, le commissaire Magret poussa le portail. Ce dernier s’ouvrit en forçant et en émettant un ‘Kiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii’ assourdissant. Il faudrait aussi que ces sorcières mettent de l’huile sur les gonds de la grille d’entrée. Ce genre de bruit était hautement désagréable pour qui venait les voir.
Magret s’engagea sur la passerelle. Les planches étaient couvertes d’une légère couche de mousse verte très glissante. Personne ne semblait être passé par là depuis des années. Comment diable les Vandenloo sortaient-elles de chez elles ? Il n’y avait pas d’autre accès à l’île que cette passerelle !
Tout au fond de sa tête, des bribes de souvenir de conte pour enfant rappela au commissaire qu’en général les sorcières ne se déplaçaient pas comme tout le monde. Traditionnellement, elles utilisaient plutôt des balais volants… En bon représentant des forces de l’ordre qu’il était, Magret doutait qu’il s’agissait là d’un moyen de transport homologué par l’administration, il voyait mal un balai passer au control technique…
Magret eut une brusque envie de se mettre à l’affût dans un buisson pour surprendre ces deux sorcières en train de décoller sur leur fameux balai. Cela ferait un chouette PV… Amende pour utilisation d’un balai comme moyen de transport non homologué par le services des Mines … Un truc comme ça, il le ferait encadrer et l’accrocherait dans son bureau.
Il faudrait tout de même qu’il vérifie s’il n’existait pas un règlement sur ce genre de moyen de transport. Après tout, la veille encore, il aurait juré que les sorcières ça n’existaient pas, ou du moins n’existaient plus, alors il pouvait bien exister un code du balai volant comme il existait un code de la route sans qu’il le sache. Il existait peut-être même un permis pour balai magique et des normes de sécurité CEE … Voilà un passionnant sujet de recherche pour ses loisirs…
Tout à ses réflexions sur les balais de sorcière, le commissaire arriva au portail qui séparait la passerelle de l’île. Là aussi il y avait un panneau :

Mais Attention !
Crouic-Crouic vous surveille !


Bien évidemment le texte se répétait en quelque chose approchant l’anglais :

But Attention !
Crouic-Crouic regarde at you !

Et en Naga-truc comme dirait si bien le commissaire:



Le commissaire et le brigadier s’échangèrent un regard un peu perplexe. Crouic-crouic ? Quel nom étrange pour un chien de garde.
Après avoir scruté la grande étendue verte éclatante de la pelouse, les policiers n’aperçurent rien de ressemblant à un chien de garde. Ici, il n’y avait que de l’herbe à l’allure pas très naturelle. En restant tout de même sur leur garde, ils poussèrent le portail.
« Krrrrrrrraaaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuu ! »
Il était aussi mal huilé que le premier.
Le commissaire regarda à droite.
Le brigadier regarda à gauche.
Rien, pas la moindre trace du fameux Crouic-Crouic.
Avec méfiance, ils s’engagèrent sur la pelouse où une ligne de marches et de dalles conduisait jusqu'à la maison. Il refermèrent consciencieusement le portail derrière eux.
« uuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrK »
Le commissaire fronça les sourcils… Ce portail venait de faire un bruit plutôt bizarre, non ?
Les policiers jetèrent un regard autour d’eux. Toujours pas de chien. Peut-être que cette histoire de ‘Crouic-Crouic vous surveille’ n’était qu’une feinte pour faire peur aux démarcheurs.

Les deux hommes s’engagèrent sur l’allée de dalle et de marches. Le brigadier remarqua que vu de près, l’herbe avait vraiment une couleur bizarre. Il n’aurait jamais cru qu’un tel vert existe sur terre… du moins sur une pelouse. Cette couleur était tellement vive qu’elle devait pouvoir briller dans le noir. Cette couleur était tellement passionnante à regarder, que Poivrot s’immobilisa sur une large dalle de granite pour la contempler quelques instants. N’y tenant plus, il se pencha pour en prendre un brin.
« CROUIC ! »
Poivrot se redressa en sursaut. ‘Crouic’ ?! Il avait entendu un ‘Crouic’ ?! Le brigadier scruta les alentours à la recherche de ce qui venait de faire ‘Crouic’. Il ne vit rien de plus que ce qu’il avait déjà vu en entrant sur l’île. Devant lui, le commissaire avait continué son ascension vers la maison en prenant bien garde à ne pas glisser sur les dalles moussues.
Le ‘Crouic’ avait eut lieu alors qu’il allait prendre un brin d’herbe entre les doigts. Du bout de sa chaussure, il tâtonna le gazon au bord de la dalle. Pas qu’il pensa que ce fut l’herbe qui eu fait ‘Crouic’ (quoique, pendant une seconde…) mais ce qui avait fait ce bruit ne voulait peut-être pas qu’il touche à l’herbe. (C’était peut-être même tout à fait justifié et pour son bien vu la couleur de la pelouse, elle était sans doute radioactive.). Sa semelle froissa les brins d’herbe.
« POIVROT ?! »
Le brigadier sursauta, glissa et se retrouva assis dans l’herbe mouillé. Il avait commis la grossière erreur d’oublier momentanément la présence du commissaire.
« Mais qu’est ce que vous fabriquez ? » Continua à crier Magret.
Poivrot décida de ne plus penser au ‘Crouic’, ni à l’étrange couleur de la pelouse des sœurs Vandenloo. Il se releva et se débarrassa des morceaux d’herbe qui s’étaient accrochés à son pantalon.
Pendant qu’il rejoignait son chef au pas de course en faisant attention à ne pas tomber à nouveau, Poivrot eut l’intime conviction d’entendre une série de crouic amusé à peine audible, comme une sorte de ricanement. Son instinct lui souffla que le fameux Crouic-Crouic de la pancarte, n’était pas un chien, que c’était quelque chose de pire qu’un chien.
Les deux policiers s’approchèrent de la maison d’où s’élevait toujours des volutes de fumée turquoise.
… 5 mètres…
… 4 mètres…
… 3 mètres…
… 2 mètres…
« EUREKA ! » Hurla une voix très aiguë de femme à l’intérieur de la maison. « J’y suis enfin a… »
Elle ne finit jamais sa phrase car, à ce moment là, il y eut une magistrale déflagration. On aurait dit que toute l’île venait d’exploser. Le toit de la maison se souleva et retomba à l’endroit exacte où elle était précédemment. Plusieurs tuiles allèrent s’écraser sur le sol. Les fenêtres tremblèrent, plusieurs vitres éclatèrent.
Le brigadier et le commissaire s’étaient recroquevillés sur eux-même pour se protéger des débris au cas ou il y en aurait eu. Il gardèrent cette position jusqu'à ce que le sol est fini de trembler et que le silence soit revenu.
« Hééééé oula ca pu d'un coup !! ! » Cria la voix de femme à l’intérieur de la maison.
Le commissaire et le brigadier s’échangèrent un regard. Il n’était peut-être pas encore trop tard pour prendre la fuite… Magret ramassa le paquet contenant la flèche. (celui-ci lui ayant échappé au moment de l’explosion.). Il eut des scrupules à partir en courant de cet endroit. Ces femmes étaient la seul piste qu’il avait. Comment éluciderait-il les deux doubles-meurtres s’il ne suivait pas sa seule piste?
Le commissaire soupira.
Poivrot comprit à l’air résigné et vaguement désespéré de son chef qu’ils n’allaient pas piquer un sprint pour regagner la voiture et partir de ce lieu maudit le plus vite possible.
Le brigadier soupira.
Les deux hommes reprirent leur chemin en direction de la maison sans vraiment faire attention au faite que la fumée qui s’élevait de la cheminée était à présent rose bonbon et formait des suites de points et de tirets… Quelqu’un sachant déchiffrer le morse aurait pu reconnaître un ‘SOS’ en bonne et due forme.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:37

Les policiers s’immobilisèrent sur le perron, juste devant la porte d’entrée. Avec stupéfaction ils découvrirent une feuille qui avait été punaisée à la hauteur de leurs yeux sur la-dite porte. Il y avait une ligne de texte dactylographié au-dessus d’un gros point rouge.
« Posez votre doigt sur le cercle rouge en criant ‘Ding-Dong’ »
Perplexe, ils lurent la petite ligne qui avait été ajouté à la main en bas du document.
« La sonnette est en panne !»
Voilà qui expliquait tout.
Le brigadier et le commissaire s’échangèrent un long regard. C’était à celui qui ne le ferait pas. Comme d’habitude, c’est Poivrot qui perdit cette joute visuelle. Il posa l’index droit sur le gros point rouge. (il avait l’air très con comme ça.) Il prit un grande inspiration. (Vraiment très con…)
« Ding Dong » Cria-t-il… pas trop fort.
Silence. Il ne se passa rien.
« DING DONG » Cria-t-il plus fort, le doigt toujours sur le point rouge, après quelques minutes d’attente.
Rien de rien. Juste le silence.
« DING DONG » Cria-t-il pour la troisième fois, encore plus fort.
Silence très silencieux.
« Poussez vous d’là ! » Grogna le commissaire en poussant le brigadier. « Tous des incapables, faut toujours tout faire soi-même ! » Maugréa-t-il.
Magret prit la place de son subalterne. Il posa son index sur le point rouge et prit une inspiration.
« Ding Dong ! »
A force de crier sur tout le monde, le commissaire Magret était devenu un professionnel du genre. Il avait développé une puissance vocale absolument hors du commun.
Mais il ne se passa rien non plus.
Bon Dieu ?! Elles étaient sourdes là-dedans ou quoi ? Le commissaire se gratta le menton. Il allait devoir utiliser sa voix spéciale coup de gueule. Attention aux oreilles.
« DING DONG ! »
La porte vibra sous l’onde sonore. Une tuile, déstabilisée par l’explosion qui avait eu lieu un peu plus tôt, finit de se décrocher et s’écrasa sur une dalle.
Cette fois, il sembla qu’il y eut du mouvement à l’intérieur de la maison.
« Une minute, s’il vous plait ! » Cria un femme à l’intérieur. Ce n’était pas la même voix que celle qu’ils avaient entendue lors de l’explosion.
Il y eu un nouveau silence.

« Chef ? » Intervint tout à coup le brigadier Poivrot.
Le commissaire, toujours face à la porte, ne répondit pas.
« Chef ? » Insista le brigadier.
« Oui, Poivrot ? » Concéda à répondre le commissaire Magret, avec agacement, sans pour autant se détourner de la porte.
« CHEF ? » Accentua le policier.
« Quoi ? » S’énerva Magret.
« Crouic ?! »
« Quoi Crouic ? » Demanda le commissaire avec irritation.
« Crouic ! »
« Poivrot ! Pourquoi dites-vous ‘Crouic’ ? »
« Mais c’est pas moi qui dit crouic ! » Répondit le brigadier.
« Crouic, crouic… »
« Mais qu’est ce que c’est que cette… » S’écria Magret en se retournant vers son subalterne. « … plaisanterie ! » Acheva-t-il dans un murmure, d’une voix complètement cassée par la surprise de ce qu’il découvrit.
Le brigadier Poivrot se tenait adossé au mur le plus proche. S’aplatissant du plus qu’il pouvait, comme s’il voulait faire lui-même partie des pierres de construction. Devant lui se tenait le plus énorme cochon que le commissaire ai jamais vu de toute sa vie.
L’animal, rose et à moitié couvert de boue, devait faire un mètre dix de haut et devait bien faire trois-cents kilos.
« Crouic ?! »
Le cochon fixait méchamment le brigadier de ses petits yeux noirs et cruels. Il s’approcha de sa victime et sa renifla.
Il émit un crouic déçus
Il se détourna de Poivrot, il ne devait pas être à son goût. L’animal s’approcha alors du commissaire en faisant trembloter ses triples mentons.
Magret s’aplatit à son tour contre le mur.
Le cochon le renifla.
« Crouiiiic ! » Fit agressivement l’animal.
Il montra les dents… Pour l’occasion le commissaire découvrit qu’un cochon adulte de cette taille était muni de canines impressionnantes. De vrai défenses…
« Poivrot ? » Murmura Magret en regrettant d’avoir pris des côtelettes à midi. « Faites quelque chose ! »
« Crouic ! »
le cochon se mit à gratter furieusement le sol avec l’une de ses pattes avant comme un taureau sur le point de charger.
« Crouic ?! »
« Poivrot !!!! »
« Au-secours ! » Cria le brigadier.
Il savait que ça ne servait pas à grand chose de crier, ça pouvait même énerver un peu plus l’animal, mais il n’avait rien trouvé de mieux. Maintenant qu’il savait qui était le Crouic-crouic de la pancarte, il comprenait ce que son instinct avait voulu dire par ‘pire qu’un chien’. Un porc de cette taille avait des mâchoires et des dents plus dangereuses que celles d’un molosse et avait suffisamment de force pour arracher un arbre.
« Crouic-crouic ! »Cria une voix de femme. « Ça suffit ! » Ajouta-t-elle doucement.
Le cochon se détourna immédiatement du commissaire en perdant tous signe d’agressivité. Il alla rejoindre la porte en se dandinant, visiblement fière de lui.
Les policiers remarquèrent que la femme qui avait appelé l’animal se trouvait dans l’encadrement de la porte. Quand le cochon arriva à sa hauteur, elle s’agenouilla et lui prit la tête entre les mains. Elle joua alors un peu avec comme s’il s’agissait seulement d’un bon gros chien.
« Ho, c’est le bon Crouic-crouic à sa maman, ça ! » Badina-t-elle avec l’animal. « Maintenant faut laisser les messieurs tranquille. »
Elle prit quelque chose dans une coupelle située près de la porte et le jeta au loin dans la pelouse. Le cochon suivit l’objet du regard avant de partir en courant à sa poursuite comme un bon gros toutou bien dressé.
Les policiers regardèrent l’animal s’éloigner avec un certain soulagement.
« Excusez-le. » Dit la femme à l’intention des policiers. « Il est un peu taquin mais pas méchant ! »
Poivrot fut bien content de l’apprendre, il s’était inquiété…
« Que puis-je pour vous, messieurs les policiers ? » Demanda-t-elle doucement.
Visiblement pour elle, avoir un cochon comme chien de garde, n’avait rien, mais alors absolument rien, d’étrange.

Ce fut la première rencontre du commissaire Magret et du brigadier Poivrot avec Cunégonde Vandenloo.

Il s’agissait d’une jeune femme de 26 ans, ni petite ni grande, brune avec de yeux couleur noisette grillée en forme d’amande. Son visage, encadré par des cheveux noirs aux reflets bleutés, était d’un ovale parfait. Physiquement, elle était irréprochable avec un petit air de pin-up des années cinquante. Assurément il s’agissait d’une fille très belle.
Le brigadier Poivrot la dévisagea des pieds à la tête. Quoique son regard n’alla jamais jusqu'à la tête, il resta accroché sur des parties d’anatomie typiquement féminine que la jeune femme avait su particulièrement mettre en valeur dans un pull moulant élégamment décolleté.
Il était agréablement surpris. Tout au long du chemin pour venir ici, il avait cru que les sœurs Vandenloo, en bonne sorcière, devaient avoir un âge canonique et devaient être extrêmement laides.
« Poivrot ! » Le rappela à l’ordre le commissaire. « Fermez la bouche, vous allez finir par baver par terre. »
Le brigadier se ressaisit brillamment, non sans prendre un teinte cramoisie assez hideuse.
Cunégonde eut un rire charmant face au malheur du pauvre policier.
- Mme Vandenloo ? Demanda le commissaire avec sérieux.
- Mademoiselle ! Madame, c’était ma mère... Je suis Cunégonde Vandenloo, pour vous servir. Répondit la jeune femme en reprenant son sérieux elle aussi. Que puis-je faire pour vous ?
- Vous êtes bien.. heu… Praticienne Occulte ?
- Vous pouvez dire sorcière vous savez… Je ne vous transformerais pas en crapaud buffle pour autant. Dit-elle dans un sourire pour essayer de réduire la gêne du policier.
Cette remarque eut l’effet inverse à celui escompté. Le commissaire se pétrifia. Elle pouvait vraiment le transformer en quelque chose ? Il y eut un silence gêner.
Cunégonde eut un geste gracieux pour remettre une mèche de ses cheveux derrière son oreille. A cette occasion, le brigadier Poivrot remarqua que la jeune femme portait un casque tenant un écouteur sur son oreille gauche et auquel était incorporé un très fin micro qui, pour le moment, était rabaissé sous son menton. Le casque était relié par un fil noir à un boîtier qui était fixé à sa ceinture. Le boîtier avait une antenne et des voyants lumineux.
Le regard du brigadier fut alors attiré par un autre objet qui était aussi accroché à la ceinture de la jeune femme. Il s’agissait d’une canne en bois aux reflets rouges avec, comme pommeau, une massive pierre orange translucide et veinée de rouge brillant. Poivrot reconnu en cette pierre une magnifique opale de feu. Vu la taille du caillou, il devait valoir un vrai fortune. Il remarqua une ombre au cœur de la pierre, pour un peu il aurait même cru que cette ombre avait bougé.
Il ne put pas continuer son observation plus longtemps car Cunégonde avait suivi le regard du policier et avait déplacé la canne de manière à la faire disparaître de sa vu.
« Commissaire ? Que puis-je faire pour votre service ? » Insista La jeune femme face au mutisme du commissaire Magret.
Magret devint blême. Comme savait-elle qui il était ? Puis il se ressaisit. Sa photo était dans tout les journaux car il était le policier qui enquêtait sur les doubles meurtres de Sainte-Gudule.
« Et bien voilà… » Finit-il enfin par dire. « Nous avons besoin de votre science pour résoudre une énigme. »
Le visage de la sorcière sembla s’illuminé.

Pas pour longtemps…


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:39

Bi-biip…. Bi-biip… Bi-biip… Sonna joyeusement le boîtier que Cunégonde portait à la ceinture. Elle attrapa l’objet en un clin d’œil et l’ouvrit. A l’intérieur il y avait un écran et un minuscule clavier. Elle sourit en lisant ce qu’affichait l’écran.
Elle referma le boîtier et se tourna vers les policiers.
« Excusez-moi » Dite-elle avec une petite moue triste. « Il faut que je vous fasse patienté quelques instants. Si vous voulez bien entrer. »
Elle recula d’un pas pour libérer les passages. Le commissaire frémit d’appréhension. Il allait entré chez une sorcière… Pardon, chez DEUX sorcières… Brrrrr…
Allons courage…
Il s’avança. Poivrot le suivit de près, pas plus rassuré que ça, lui aussi.

Les deux policiers furent à la fois déçus et soulagés de ce qu’il découvrirent à l’intérieur. Le hall d’entrée était très classique. Un paillasson, du carrelage noir et blanc, un éclairage électrique, du papier peint à fleurs, un meuble bas avec un pot de fleur et une coupelle dessus, deux portes manteaux et une corbeille pour mettre les parapluies.
Il n’y avait là absolument rien d’étrange ou de farfelu qui indiquait que l’on était dans la maison de deux sorcières.
Cunégonde, toujours souriante, leur fit un geste les invitant à entrer dans une pièce située à leur droite. Ils lui obéirent docilement sans vraiment se méfier. Les sorcières semblaient, en fin de compte, être des personnes comme tout le monde. Sauf, peut-êtres qu’elles avait un cochon de garde et une pelouse à la couleur fluorescente.
En entrant dans cette nouvelle pièce, le commissaire et le brigadier révisèrent immédiatement leur jugement. Les sorcières ETAIENT des gens bizarres. La pièce dans laquelle ils venaient de pénétrer n’était pas du tout du genre que l’on trouve chez les gens normaux.
En fait, il s’agissait d’une sorte de salon de réception. Au centre il y avait une table basse avec d’un côté deux tabourets avec des coussins rouges posés dessus, et de l’autre deux tabourets avec des coussins verts. C’était à peu près les seules pièces de mobilier. Les murs étaient pour leur part recouverts d’étagères où étaient posées toutes sortes de chose. Des livres, des statuettes, des objets aux formes farfelues, des cailloux, des animaux empaillés, et surtout une bonne centaine de bocaux contenant des animaux conservés dans du formol. La pièce, qui n’avait pas de fenêtre, était assez sombre et seulement éclairée par des lampes posées dans les étagères.
« Asseyez-vous… » Les invita Cunégonde sans se départir de son sourire et en leur désignant les tabourets rouges.
Les policiers hésitèrent à accepter mais il s’assiérent finalement. Les tabourets n’allaient pas les manger quand même.
« Maintenant si vous voulez bien m’excuser quelques minutes, j’ai une petite chose à régler avant de pouvoir vous être toute ouie. »
Elle disparut sans attendre de réponse par une deuxième porte située au fond, à gauche.
A présent, seul dans ce salon à la décoration plus que sinistre, les deux policiers s’échangèrent un regard malheureux. Mais qu’étaient-ils venus faire dans cette galère.
« Très jolie décoration… » Finit par dire Poivrot pour rompre le silence.
Il se sentait mal à l’aise dans cette pièce, assis sur ce tabouret et avait dit la première chose qui lui était passée par la tête.
Le commissaire lui adressa un regard peu convaincu. Pour lui, une personne qui décorait son salon avec des animaux morts conservés dans du formol ou empaillés méritait d’aller faire rapidement un tour aux urgences psychiatriques de l’hôpital le plus proche.. Mais il était qu’en même soulagé d’entendre la voix de son subalterne, lui aussi se sentait mal à l’aise sur son tabouret.
Alors qu’il essayait de trouver une position confortable sur son siège, Magret comprit la raison principale de son malaise. Le tabouret n’était pas seulement trop bas pour un homme adulte, il était bancal et dans le coussin il devait y avoir des cailloux très durs aux formes anguleuses.
Juste à côté de lui, Poivrot avait fait le même constat et s’était levé avant d’avoir trop mal à l’arrière train pour pouvoir bouger.
Le brigadier fit quelques pas dans la pièce sous les regards de son supérieur qui hésitait à en faire autant. Il s’approcha des étagères. Il essaya de déchiffrer les titres des livres mais n’y parvint pas. Il admira les statuettes sans vraiment comprendre ce qu’elles représentaient, quoique certaines étaient plutôt rigolotes. Il observa les différents objets en se demandant à quoi ils pouvaient bien servir Et puis, immanquablement, son regard se posa sur les animaux conservés dans des bocaux de formol. Il y avait là toutes sortes de reptiles, d’amphibiens, de poissons… Cela lui rappela l’une des salles de sciences du lycée où il avait fait ses études. Ce souvenir en raviva d’autre… Mr Coupchou et sa perpétuelle odeur de tabac froid et de vin bon marché… Les travaux pratiques où il avait de nombreuse fois faillit faire sauter tout l’établissement… Ha la la, c’était le bon vieux temps.
Poivrot regardait distraitement un gros lézard baignant dans son liquide de conservation quand celui-ci lui fit un clin d’œil. Le brigadier revint brutalement à la réalité. Il fixa attentivement l’animal. Il était mort, il ne pouvait pas lui avoir fait de clin d’œil. Ce devait être une illusion d’optique.
Le lézard lui fit un nouveau clin d’œil et se retourna dans son bocal.
Poivrot fit un bon en arrière.
« Chef ?! » S’écria-t-il.
Mais le commissaire ne répondit pas. Il était bien trop occupé à fixer du regard, avec stupeur, une marmotte soit disant empaillée qui était en train de lui faire des grimaces.
« Chef ? » Insista le brigadier. « Chef ?! Les bo… bocaux… »
« Quoi les bocaux ? » Lui répondit le commissaire en se détournant de la marmotte qui lui tirait la langue pour se tourner vers son subalterne. Il se tourna juste au moment où une grenouille soit-disant morte et conservée dans du formol sauta hors de son bocal pour aller rendre une petite visite à une salamandre dans le bocal à côté du sien.
Poivrot se tourna vers son chef à ce moment là et ne vit pas le saut de la grenouille, part contre il remarqua le manège de la marmotte qui à présent était pliée de rire et tapait sur l’épaule d’un renard empaillé complètement hilare.
Les deux policiers reculèrent le plus loin possible des étagères. Ils comprirent que tous les animaux qui se trouvaient dans le salon n’étaient pas vraiment mort, mais ils n’avaient pas pour autant l’air vraiment vivant… des animaux zombis ? Et toute cette faune morte-vivante était en train de les regarder avec des yeux perplexes, intéressés ou amusés.
« Chef ? Et si on partait …. VITE ! » Proposa le brigadier d’une toute petite voix avec espoir.
Le Commissaire était sur le point d’appliquer cette proposition et de partir en courant sur le champ sans demander son reste quand il se souvint, que là dehors, sur la pelouse radioactive, il y avait trois-cents kilos de cochon passablement agressif qui ne l’aimait pas du tout. Jamais ils ne pourraient atteindre la voiture… même s’ils le voulait très très fort…
Ils étaient bel et bien prisonniers dans cette maison.
« Un policier ne recule pas devant la peur ! » Sermonna le commissaire en allant se rassoire. « Faites comme si de rien était ! » Ordonna-t-il.
« Mais chef… » Voulut protester après qu’un serpent lui ai tiré la langue.
« POIVROT ! »
Le brigadier accepta finalement de retourner s’assoire et de faire comme si de rien était. Ce n’était vraiment pas facile. Il sentait les regards de tous les animaux morts-vivants sur lui. Parfois il entendait des ricanements…

Après plus de dix minutes d’attente, les deux policiers avaient les nerfs à vif et commençaient à sérieusement penser qu’on les avait oublié. Pour leur plus grand soulagement, ils entendirent des pas se rapprocher.
Une femme entra vivement dans la pièce par la porte qui donnait dans le hall, traversa le salon au pas de course et disparut par l’autre porte sans accorder le moindre regard aux deux policiers.
Le commissaire et le brigadier restèrent complètement ébahit par ce manque flagrant d’intérêt pour leur personne.
Ils venaient de faire leur première rencontre avec Gertrude Vandenloo.
Il s’agissait d’une femme de presque quarante ans, grande et maigre, brune avec une crinière de cheveux frisés. Elle était vêtue d’une extravagante robe rouge et jaune à petits pois. Malgré son âge, son visage semblait avoir déjà beaucoup vécu et elle paraissait au moins dix ans de plus.
Pendant la brève apparition de Gertrude Vandenloo, le brigadier Poivrot avait pu remarquer qu’elle portait, comme Cunégonde, une canne attachée à la ceinture, une canne avec un pommeau blanc laiteux, une pierre de lune.
Le bruit des pas de la femme diminua quand tout à coup elle changea d’avis, fit demi-tour et revint en direction du salon. La femme réapparut.
« Excusez-moi, mais qui êtes vous ? » Demanda-t-elle d’une voix très aiguë.
Les policiers reconnurent la voix qu’ils avaient entendue au moment de l’explosion. Par politesse, les deux hommes se levèrent de leur siège.
- Vous devez être Gertrude Vandenloo ?! Demanda le commissaire.
- Certes ! Répondit la sorcière. Mais cela ne me dit pas qui vous êtes !
- Je suis le commissaire Magret. Se présenta le commissaire. Et lui c’est le brigadier poivrot.
- Et que puis-je faire pour votre service ?
- Bien, comme nous l’avons dit à votre sœur tout à l’heure, nous sommes venus car nous avons besoin de votre aide pour résoudre un petit problème.
- Ma sœur ? Car vous avez vu Cunégonde ? S’étonna Gertrude.
Non, ils étaient passés par la fenêtre, pensa sarcastiquement Magret. Comment croyait-elle qu’ils étaient entrés ?
- Oui ! Répondit-il sobrement. Elle nous a dit d’attendre ici et elle a disparu.
-Et à l’heure qu’il est, elle a dût vous oublier.. Soupira-t-elle. Tout à l’heure nous avons eu un… petit incident qui a occasionné quelques dégâts, cela a provoqué une interruption sur le réseau et à fait planter nos ordinateurs. Cunégonde travail à relancer les sites web.. et quand elle est là-dedans, elle oublie tout… Tenta d’expliquer Gertrude face aux mines interloquée des policiers.
Réseau ? Ordinateurs ? Sites Web ? Ces femmes étaient peut-être des sorcières, mais des sorcières modernes alors! Pensa Poivrot.
- Mais dite moi quel est votre problème ! Reprit gertrude. Mais, s’il vous plais, asseyez vous.
Comme ils étaient bien élevé, les deux hommes se rassirent sur les très inconfortables tabourets rouges. La femme prit place sur l’une des tabourets verts.
-Voilà… Annonça le commissaire en posant la boite contenant la flèche d’or sur la table. Nous aimerions que vous disiez tout ce que vous savez à propos de cet objet !
Il ouvrit la boite.
Gertrude resta muette. Elle tendit la main et pris la flèche. Elle la soupesa et la reposa.
- Vous prendrez bien du thé ? Demanda-t-elle.
- Non, merci, pas pour moi. Répondit le commissaire en ce demandant bien ce que venait faire le thé à ce moment là.
La sorcière se tourna vers le brigadier qui refusa lui aussi.
Gertrude se leva de son siège et se dirigea vers la porte au fond à gauche.
« Cunégonde ? » Appela-t-elle.
Silence.
« CU-NÉ-GON-DE ! » Cria-t-elle à nouveau.
Cette fois il y eut une vague réponse.
« EST-CE QUE TU PEUX APPORTER DU THÉ POUR CES MESSIEURS DE LA POLICE ?! » Ordonna-t-elle.
Nouveau silence.
« CUNÉGONDE ! »
Il y eut un ‘j’y vais’ à peine audible.
Heureusement qu’ils avaient tout les deux refusé d’en prendre, soupira le commissaire. Cette femme devait être en train de se moquer d’eux.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:40

Gertrude revint s’assoire et reprit la flèche. Elle l’examina sous tous les angles. Elle resta à faire ça pendant un temps incroyablement long sans dire un seul mot.
Cunégonde finit par arriver en portant un plateau chargé d’une théière en porcelaine rose, avec deux tasses, leur soucoupes et un sucrier assorti, avec une assiette de biscuits, deux petites cuillères en argent et une pince à sucre. La jeune femme s’approcha de la table basse et posa son fardeau dessus. Sans dire un mot, elle servit le thé et tendit les tasses fumantes aux policiers. Ceux-ci, en personne toujours bien élevé mais qui commencent regretter de l’être, les prirent.
« Ils veulent savoir ce que nous savons sur cet objet. » Intervint Gertrude alors que sa sœur prenait place sur le dernier tabouret.
Cunégonde prit la flèche, la soupesa et l’examina elle aussi sous tous les angle sans dire un mot. Elle rendit la flèche à Gertrude et se leva. Elle se dirigea vers les étagères, prit un épais volume relié de cuir marron et se mit à le feuilleter.
Gertrude se remit à examiner la flèche. Elle la reposa au bout de quelques minutes et alla rejoindre sa sœur.
D’instinct, les policiers comprirent que l’expertise allait mettre du temps. Comme ils n’avaient rien de mieux à faire, ils se concentrèrent sur leur tasse, du moins le commissaire. Le brigadier Poivrot, lui, n’était pas très fan de thé alors il tourna son attention vers l’assiette de biscuits. Il y en avait de toutes les formes… des cœurs, des fleurs, des carrés, des ronds, des poissons… Et il y en avait un, posé sur le rebord du plat, en forme d’escargot. Il avait une délicieuse couleur caramel.
Le brigadier sentit les regards des animaux mort-vivant se poser sur lui. Il cru même discerner un rire. Il préféra ne pas y faire attention et prit le biscuit en forme d’escargot.
Il le regretta. Ce gâteau était extrêmement lourd et très lisse… On aurait dit une pierre. Comme, décidément, il était très bien élevé, il n’osa pas le reposer là où il l’avait pris. Prenant son courage à deux main, il mordit dedans avec méfiance. Il faillit se casser une dent. En faite il s’agissait bel et bien d’une pierre, ou plutôt d’un fossile… Une ammonite morte depuis plus de soixante-cinq millions d’années.
Le brigadier Poivrot avait beau être d’une extrême politesse, il ne pouvait pas manger des cailloux. Il reposa donc le fossile sur le rebord de l’assiette. Ni vu, ni connu. Il porta ensuite toute son attention sur sa tasse de thé fumante. Il s’en dégageait un agréable odeur fruitée.
De son côté, le commissaire Magret avait mis deux petits cubes de sucre blanc dans sa tasse et faisait tourner le thé avec l’une des très belles cuillères qui avaient été mises à leur disposition.
Gertrude revint à la table, reprit la flèche dans les mains, l’examina à nouveau, la reposa et retourna auprès de sa sœur.
Le commissaire, qui avait relevé le nez, rabaissait la tête vers sa tasse quand il perçut un mouvement sur le plateau… Oui, oui ! Un mouvement. Perplexe il fixa la vaisselle qui était posée là. Il y eut un autre mouvement. Cela venait de la théière… Plus précisément cela venait du couvercle de la théière. Sous les regards inquisiteurs du policier, le couvercle se souleva doucement. Par l’ouverture ainsi formé entre la théière et son couvercle, il vit apparaître un paire de gros yeux jaune et globuleux. Le couvercle, poussé par la tête qui portait ces yeux globuleux, se souleva un peu plus.
Le commissaire reposa brusquement sa tasse sur la table. Il y a avait un crapaud dans la théière… beurk ! Surpris par le bruit, le crapaud disparut dans le récipient et le couvercle retomba.
Vu qu’il devenait impossible de boire le thé, le commissaire se tourna vers le plat de gâteau. Il remarqua un biscuit à l’appétissante couleur caramel qui avait la forme d’une escargot. Il le prit.
Il regretta lui aussi ce geste en découvrant le poids et la texture du gâteau. Toutefois comme il n’était pas mal élevé il décida de le manger quand même, mais il le reposa bien vite sur le rebord du plat en découvrant qu’il ne s’agissait pas d’un biscuit mais d’une ammonite fossilisée.
Le geste du commissaire pour reposer le caillou sur le plat attira le regard du brigadier Poivrot. Celui-ci venait de goûter le thé et lui trouvait un goût pour le moins étrange. Poivrot remarqua alors que la théière le regardait avec de gros yeux globuleux. Intrigué, le brigadier fixa l’objet. Il devint verdâtre en découvrant qu’il y avait un crapaud en train de prendre un bain dans la théière. Il reposa délicatement sa tasse sur la table avec une expression de profond dégoût sur le visage.
Le crapaud, loin de s’offusquer des cette expression, sortit un peu plus de la théière. Il posa ses pattes avant sur le rebord de porcelaine rose. Il regarda avec intérêt le commissaire… puis le brigadier… il examina les bocaux qui étaient sur les étagères… Il jeta un coup d’œil aux deux sorcières qui cherchaient avidement quelque chose dans un livre… En fin de compte, l’animal posa les yeux sur l’assiette de biscuit qui était juste à côté de lui. Ses yeux s’illuminèrent à la vu d’un délicieux gâteau en forme d’escargot…
Dans un mouvement vif comme l’éclair, il projeta sa langue pour capturer le fameux biscuit. Il comprit son erreur quand l’extrémité de sa langue se colla au fossile. Mais il ne pouvait plus rien faire à ce moment là, sa langue était collée dessus et allait lui revenir en pleine tête dans la seconde à venir. Pour limiter tout de même les dégâts, il plongea dans la théière.
Le fossile percuta de pleine fouet la porcelaine rose. La théière se brisa et déversa son contenu sur le plateau. Les policiers se levèrent d’un bond en se jetant en arrière pour éviter de recevoir le thé sur les genoux.
Les sorcières, alertées par le vacarme, se précipitèrent voir ce qui se passait.
« Trévor ! » S’écria Cunégonde en attrapant le crapaud qui essayait, au milieu des débris de porcelaine, de détacher le caillou de sa langue. « Je t’ai cherché toute la journée ! Où étais-tu passé ? »
Tout en parlant, la jeune femme s’était dirigée vers les étagères. Sans prendre la moindre précaution, elle fit entrer l’animal dans un bocal de formol vide. Elle referma soigneusement le couvercle pour éviter que le crapaud s’échappe à nouveau.
Sur les autres étagères, les animaux morts-vivants étaient pliés de rire.

Gertrude, pendant ce temps, examinait les dégâts avec une moue visiblement agacée. Encore une théière de cassée ! Elle soupira.
Quand Cunégonde fut revenue auprès de la table, les deux sorcières s’assirent sur les tabourets verts. Par réflexe, les policiers reprirent place sur les tabourets rouges.
La plus vieille des sorcières s’éclaircit la voix. Le commissaire et le brigadier la regardèrent avec intérêt.
« Il s’agit… » Commença-t-elle doucement à dire. « .. d’une flèche… » Continua-t-elle sur le même ton. « … en or… » Poursuivit-elle lentement. « … 24 carats… » Développa-t-elle de sa petite voix aiguë. « et qui fait 812 grammes. » Acheva-t-elle.
« Et ? » intervint le commissaire pour l’incité à en dire plus.
« Et c’est tout ce qu’on sait » Répondit Cunégonde dans un des ses charmants sourires.
Le brigadier ouvrit des yeux grands comme des soucoupes sous l’effet de la stupeur. C’était tout ? Il faillit avoir un petit rire nerveux. Ces deux bonnes femmes venaient de passer une demi-heure à chercher et à les faire attendre pour leur annoncer ça, alors que c’était écrit dans tous les journaux.
Le commissaire, lui, ne réagit pas comme son subalterne. Il devint rouge foncé, se gonfla et se mit à respirer bruyamment. Visiblement il était au bord de l’explosion.
Sentant venir le danger, le brigadier Poivrot comprit qu’il était de son devoir d’intervenir.
« Et pour les inscriptions ? Vous avez réussi à les traduire ? » Demanda-t-il.
« Quelles inscriptions ? »S’exclamèrent en chœur les deux sorcières.
« Ben celle-là ! » Leur répondit le brigadier en prenant la flèche et en leur montrant l’emplacement de la gravure.
Les deux femmes prirent l’objet dans les mains. Elle plissèrent les yeux pour essayer de mieux voir. Cunégonde finit par se lever et alla prendre un objet sur l’une des étagères et revint auprès de sa sœur. Il s’agissait d’une loupe.
Après avoir ré-examiné la flèche, elle poussèrent un « Ho » et s’échangèrent un regard.
- Alors ?! S’énerva le commissaire qui était un peu moins rouge qu’auparavant.
Les deux femmes se tournèrent vers le policier.
- Il s’agit d’Elfique ancien ! Annonça Gertrude.
- La langue qu’ont utilisé les Praticiens Occulte pendant des siècles, et ce depuis l’antiquité. Continua Cunégonde.
- Mais nous ne le parlons pas… D’ailleurs plus personne, ou presque, le parle de nos jours. Renchérit Gertrude.
- On utilise l’anglais à la place maintenant ! C’est plus pratique. Conclut Cunégonde.
Les deux policiers prirent un air tellement malheureux que les sorcières eurent pitié d’eux.
- Mais on peut essayer de trouver quelqu’un sur le réseau pour vous le traduire… Proposa Cunégonde.
- Le réseau ? S’étonna Poivrot.
- Oui ! le réseau Internet de tous les praticiens Occulte… » Expliqua Cunégonde comme s’il s’agissait d’une évidence.
- Car il existe un réseau Internet de sorcier ? S’exclama le commissaire, surpris qu’il puisse exister un réseau informatique organisé chez les sorciers, même la police n’en avait pas.
- Evidement ! Lança Gertrude avec une pointe d’acidité. On n’est plus au moyen-âge !
- Et puis c’est très pratique pour s’échanger les toutes dernières nouvelles. Ajouta Cunégonde dans son éternel sourire et son calme imperturbable. D’ailleurs avec ça, on devrait pas avoir trop de mal à trouver quelqu’un pour vous traduire de l’elfique ancien.
La jeune femme attrapa la flèche d’or et se dirigea vers la porte.
- Suivez-moi ! Claironna-t-elle. On va même faire ça tout de suite.
Elle disparut en tenant toujours la flèche dans les mains. Le commissaire se leva d’un bond.
« Revenez immédiatement, vous n’avez pas le droit de prendre cette flèche ! » Cria-t-il. « C’est une pièce à conviction ! » Il se jeta à la poursuite de la jeune sorcière.
Poivrot et Gertrude se lancèrent un regard un peu perplexe et suivirent les deux autres à l’extérieur du salon.

La balade fut brève. Ils longèrent un couloir où devait pousser au moins toutes les plantes de la création sagement plantées dans des pots en terre cuite. Il prirent la troisième porte à gauche.
Le brigadier constata au premier coup d’œil que la pièce où ils venaient d’entrer ne devait avoir qu’une seul et unique fonction, celle de contenir le plus incroyable ordinateur qu’il ai jamais vu de toute sa vie.. du moins en vrai.
Il y avait là le fleuron de la technologie informatique mondial. Des ordinateurs comme celui-là, il n’en avait vu que dans des revues spécialisées, à la rubrique « vous en rêver mais vous n’aurez jamais les moyen de vous l’acheter » et on devait pouvoir compter le nombre d’exemplaire au monde sur les orteils d’un seul pied. Cet ordinateur possédait plusieurs écrans permettant de gérer simultanément plusieurs interfaces. Il devait être tellement puissant qu’on devait pouvoir surfer sur le net à la vitesse de la pensée et télécharger le moindre truc devait tout juste vous prendre le temps de cliquer dessus.
Ce monstre de haute technologie possédait évidemment tous les accessoires. Scanner, imprimantes ( une laser et une jet d’encre qualité photo) , caméra DV, appareil photo numérique…
Bref le brigadier avait l’impression de rêver. Même la police n’était pas aussi bien équipée… Décidément les sorciers étaient des gens à la pointe de la modernité. Qui l’eut cru ?
Cunégonde, sous les yeux effarés du commissaire, posa la flèche sur un plateau. Elle attrapa l’appareil photo numérique, le relia à l’ordinateur. Elle prit toute une série d’image de la pièce à conviction. Elle les bascula sous un logiciel très haut de gamme de traitement d’image et travailla les clichers jusqu'à obtenir une image claire et précise des inscriptions.
Ensuite, elle s’installa aux commandes du monstre de haute technologie. Elle vérifia que son casque était bien sur son oreille, replaça son micro devant sa bouche et relia le boîtier qui était accroché à sa ceinture à l’ordinateur grâce un câble gris perle.
Le commissaire venait brusquement d’avoir l’impression d’avoir basculé dans la quatrième dimension. Il ne comprenait rien à l’informatique. Il avait même du mal à programmer son magnétoscope, c’est tout dire. Alors là, il était totalement perdu.
Devant ses yeux et sans qu’il en comprenne la raison exacte, tous les écrans affichèrent une image presque identique
Poivrot, qui s’y connaissait un peu, reconnut des pages d’accueil de forums de discussion… ou du moins quelque chose comme ça. Chaque écran affichait plusieurs discussions en cours.
Cunégonde tapa son pseudonyme (cngnd_vndnl) et son mot de passe (******) Elle put alors accéder aux différents forums et lança sa demande : « Urgent, cherche personne parlant elfique ancien. »
Le message s’afficha sur tous les forums en même temps.
Les internautes ainsi dérangé en pleine discussion envoyèrent des messages à caractère plus ou moins insultant.

- Reste plus qu’à attendre ! Déclara Cunégonde assez fière d’elle.
- Dites… Demanda le commissaire. Vous êtes vraiment tous reliés les uns aux autres ?
- Oui ! Répondit Gertrude. C’est obligatoire depuis le CIS de 1999.
- Le CIS ? Interrogea Poivrot.
- Congrès International Sorcier. Expliqua aimablement Cunégonde dans un sourire.
- Car il existe un congres international sorcier ? S’étonna le commissaire en gardant cette impression désagréable de s’enfoncer dans la quatrième dimension.
- Il existe aussi un congrès national et un congrès régional… le prochain congrès régional, le CSO, autrement dit Congrès des Sorciers de l’Ouest, aura lieu l’année prochaine au mois de septembre à Niort. Expliqua docilement Cunégonde.
- A Niort ? S’étonna Magret.
- Oui, à Niort. Ce sera le plus grand congrès organisé dans la région depuis des années.
- Et il y aura beaucoup de sorcier à s’y rendre ?
- Plusieurs centaines… avec famille, bagages, balai et dragon.
- Dragon ? Intervint Poivrot.
- Oui, car il y aura un grand concours de dragon…
Les yeux de Cunégonde s’étaient mis à briller à la mention des dragons.
- Car ça existe, les dragons ?
- Bien sûr que ça existe.
Poivrot resta rêveur. Il aimerait bien en voir un, il avait toujours voulut en voir… depuis tout petit. Le commissaire resta lui aussi pensif mais pas pour les mêmes raisons. Pour lui, il venait de passer définitivement dans la quatrième dimension… Autant attendre que ça passe.
Les sorcières et les policiers se mirent à contempler silencieusement les écrans. Surveillant l’apparition d’une réponse positive à leur recherche.
Ce fut long.
Poivrot sentit ses yeux le démanger à force de fixer les écrans scintillants. Il détourna le regard et en profita pour détailler un peu plus la pièce.
Il n’y avait pas grand chose d’autre que des objets ayant un lien direct avec l’informatique. Seul exception à la règle : le chaise sur laquelle était assise la plus jeune des sorcières, la flèche qui était toujours posée sur un plateau, une corbeille à papier à moitié pleine, les restes d’une boite de gâteau au chocolat et un coussin orange.


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Re: bafouille à moi...

Message par reveanne le Sam 10 Fév 2007, 00:41

Poivrot fut intrigué par le coussin… En fait il ne s’agissait pas d’une coussin mais d’un chat orange roulé en boule pour dormire. Sans aucun doute le chat de la maison qui était venu faire sa sieste dans le pièce la plus chaude de la maison (car c’est bien jolie l’informatique, mais c’est aussi un excellent moyen de chauffage et il faisait un chaleur étouffante dans la pièce) et si possible pas trop loin de ses maîtresses.
Quelque chose gêna le brigadier dans ce chat. Il n’arriva pas tout de suite à expliquer quoi mais, après une observation attentive, il remarqua que ce chat devait avoir plumé un oiseau avant de venir faire sa sieste car il avait des plumes accrochées dans les poils…. Quoique, toutes réflexions faites, ce n’était pas seulement des plumes mais des ailes entières… Ce chat avait des ailes d’oiseau posées sur le dos ! Et l’incroyable se produisit, les ailes se mirent à bouger toute seule alors que le chat changeait de position dans son sommeil.
Poivrot détourna vivement le regard. Il se rappela brutalement toutes les choses bizarres qu’il avait vu depuis son arrivée dans cette maison. Un chat avec des ailes… surtout ne pas le regarder, c’était plus prudent. Faire comme si de rien était.
Par chance ce fut le moment que choisit quelqu’un pour répondre positivement à la recherche au sujet d’une personne parlant elfique ancien.
La personne répondait au pseudonyme de « gndlf_l_blnc ».
« Mais oui ! je l’avais totalement oublié, notre cher Dadalf sait parler l’elfique lui ! » S’écria Cunégonde. De toute évidence, elle connaissait très bien la personne qui venant de répondre à l’annonce.
Grâce à plusieurs manipulations, elle envoya l’image de l’inscription au fameux Dadalf. Il y eut un long moment d’attente avant d’avoir la réponse à la question « mais qu’y a-t-il d’écrit sur cette maudite flèche ? ».
Ce fut un moment d’intense suspense. Le commissaire fixait nerveusement l’écran. Le message commença à s’afficher.
« L’inscription qui tu m’as fait parvenir n’est pas de l’elfique ancien mais de l’elfique moderne et elle peut se traduire de la manière suivante.. »
et l’inexplicable se produisit. L’ordinateur planta. Ce fut l’erreur fatale. Black-out total.
Cunégonde poussa hurlement strident. Le commissaire resta tremblant de stupeur, il avait été deux doigts de savoir ce qu’il y avait d’écrit sur les flèches. C’était vraiment trop injuste.
Cunégonde se jeta sur son ordinateur pour chercher la cause de cette panne aussi brutal qu’incompréhensible. Elle se mit à vérifier tous les branchements. Cela lui prit un petit moment car il y en avait un paquet.
Gertrude ne réagit pas vraiment quoiqu’elle avait l’air un peu perplexe face à la situation. Poivrot, lui, ne comprenait pas comment un tel engin de haute technologie pouvait tomber aussi facilement en panne.
Le brigadier observa la plus jeune des sorcières s’acharner à trouver l’origine de la panne. Puis, tout à coup, il perçut un mouvement du coin de l’œil à l’endroit où dormait le chat. Le crie de Cunégonde devait avoir réveillé l’animal… Surtout ne pas regarder dans cette direction … ne pas regarder. Mais il ne put résister et il tourna la tête.
Le chat s’était effectivement réveillé et s’était levé. Il regardait avec curiosité les personnes présentes dans la pièce.
Le brigadier remarqua alors que les ailes n’étaient pas la seul chose bizarre dans ce chat, il y avait aussi ses yeux… ce n’était en aucun cas des yeux de chat, on aurait plutôt dit des yeux d’humain.
Poivrot détourna vivement le regard et regarda les écrans de l’ordinateur. Cunégonde venait de réussir à le faire redémarrer. Sur tous les écran s’afficha alors un texte… enfin plutôt une phrase, qui semblait vouloir se répéter à l’infini.
« Ne vous mêlez pas de ça ! »
Tout le monde resta un peu ébahit. Cunégonde poussa un nouveau cri strident en comprenant ce qui se passait.
« Un virus ! »
Elle fit une nouvelle série de manœuvre. Poivrot n’arriva pas à comprendre si elle cherchait à voir jusqu’où était infecté l’ordinateur où si elle essayait de combattre. le virus.
Le commissaire ne comprenait pas du tout ce qui ce passait car il n’avait pas la moindre idée de ce qu’était un virus informatique. Gertrude essaya de lui expliquer… Ben un virus informatique, c’est un logiciel qui détruit les ordinateurs. Mais le commissaire ne savait non plus ce qu’était un logiciel. … Ben, un logiciel c’est un ensemble de donné programmées qui permettent à l’ordinateur de fonctionner. Voyant que le commissaire ne comprenait toujours pas, la plus âgée des sorcières se demanda si elle ne ferait pas mieux de se taire et de le laisser dans l’ignorance… ou alors elle pouvait encore essayer de lui expliquer avec des marionnettes…
Pendant que Cunégonde s’acharnait sur son clavier et cliquait à tout va sur la sourie sans s’intéresser le moins du monde à ce qui se passait autour d’elle, le regard du brigadier Poivrot fut une nouvelle fois attiré par les mouvements du chat orange… Il essaya bien de faire comme s’il ne voyait rien mais ce fut encore une fois plus fort que lui et il se tourna vers l’animal.
Le chat ailé s’étirait consciencieusement les pattes. Quand il eut finit sa petite gymnastique, il scruta les alentours et fixa, en définitive, son regard sur l’endroit où était posée la flèche. Il étendit les ailes, bondit et vola jusqu’au plateau.
Le commissaire était tellement absorbé par les explications de Gertrude et Cunégonde par son gros problème informatique, que Poivrot fut le seul à remarquer le mouvement du chat.
L’animal, pas plus impressionné que ça par les policiers, se mit à observer la flèche d’or. Il la renifla. Il essaya ensuite de la déplacer du bout de la patte. Il se pencha plus près pour la voir plus en détail. Il plissa les yeux en fronçant les sourcils. (ce qui donne une expression des plus étranges à un chat). Il agissait comme s’il était en train de lire l’inscription.
« Fabriqué en Chine ?! » Déclara l’animal d’une voix nasillarde avec une pointe d’étonnement.
Le brigadier ouvrit des yeux grands comme des tasses à thé.
« Le… le chat… il… il parle ! » Bégaya-t-il en pointant l’animal du doigt.
Cette fois le commissaire et les sorcières se tournèrent vers la raison de cette exclamation.
Le chat, quant à lui, regarda Poivrot et leva une de ses pattes avant et sortit ses griffes.
« Je ne suis pas un CHAT ! » Déclara agressivement l’animal. « Je suis un sphinx nain de macédoine ! Et si vous vous avisez encore une fois de me traiter de chat, je vous refais portrait à grand coups d’armes très tranchantes ! » Menaça-t-il.
« Du calme, Kuxata, Il ne pouvait pas savoir. » Intervint Cunégonde pour calmer le jeu.
Le Commissaire était paralysé par la stupéfaction. Un chat avec des ailes, des yeux humains et qui parlait… Il était en train de devenir fou !
« Mais au fait… » S’exclama tout à coup Gertrude. « Tu parles l’elfique moderne si je me souviens bien. »
Le Sphinx s’assied et regarda la sorcière droit dans les yeux.
« Evidement ! » Finit-il par répondre. « Je suis un érudit, MOI ! » compléta-t-il avec arrogance.
« Alors tu dois pouvoir nous traduire ce qui est gravé sur la flèche ?! » Intervint Cunégonde en souriant.
« C’est ce que je viens de faire ! » Répondit Kuxata.
Les sorcière s’échangèrent un regard d’incompréhension. Le commissaire était toujours pétrifié par l’apparition du Sphinx nain de macédoine. Le brigadier sentit venir la catastrophe.
« Il est écrit… » Reprit le sphinx orange. « …Fabriqué en Chine »
Les sorcières et le brigadier restèrent complètement abasourdis. L’information arriva même à filtrer jusqu’au cerveau du commissaire. L’expression de ce dernier changea un bonne dizaine de fois avant de se fixer sur accablement.
Poivrot opta aussi pour cette dernière expression.
Fabriqué en Chine… Ils venaient de passer sans doute les pires heures de toute leur vie pour apprendre que les inscriptions de la flèche ayant servit au meurtre de Tristan L’Ecuyer signifiaient « fabriqué en Chine ». C’était leur seule piste et elle se révélait n’être qu’une impasse.
« Vous êtes sûr ? » Demanda le commissaire avec espoir.
« Me traiteriez vous de menteur et d’imbécile ? » S’exclama Kuxata vexé.
« Non, pas du tout… » Intervint Poivrot avant que son chef ne dise quelque chose qui mettrait le sphinx en colère car l’animal, même nain, était muni de griffes visiblement redoutables. Mieux valait ne pas le chercher.
« Pas du tout… » Ajouta le brigadier avec fatalité.
Le commissaire prit un air terriblement malheureux. Les sorcières auraient aimé faire quelque chose pour lui mais elles étaient complètement démunies.
Le commissaire soupira. Il venait de perdre la seule piste qu’il avait. La seule lueur d’espoir dans toute cette histoire, c’était que maintenant ils avaient une raison valable pour partir de cette maison de malheur et oublier le plus vite possible tout ce qu’ils venaient de découvrir sur les sorciers.
Le brigadier se fit la même réflexion, sauf que, lui, il aurait aimé en apprendre plus sur les sorcières.
Ils décidèrent néanmoins de prendre congé des sœurs Vandenloo.
Les deux sorcières raccompagnèrent les policiers jusqu'à la porte en s’excusant de ne leur avoir été d’aucune utilité. En repassant dans le salon de réception, les animaux mort-vivant firent des signes de salutation aux deux hommes. Ces derniers préfèrent faire comme s’ils n’avaient rien vu.
Sur le perron, Cunégonde s’excusa encore une fois, dans son éternel sourire, de leur avoir fait perdre leur temps et leur rappela que s’ils avaient encore besoin d’elles, ce serait toujours un plaisir de les aider.
Le commissaire souhaita ardemment que ce ne fut jamais le cas.
Policiers et sorcières se serrèrent la main et les deux hommes s’éloignèrent sur la pelouse vert fluorescente.
Soudain, le brigadier s’immobilisa et se retourna.
« Juste une dernière question… » Dit-il. « par curiosité… j’aimerais savoir ce que c’est que ces cannes que vous portez à la ceinture… »
Gertrude le regarda horrifié comme s’il venait de lui demander de se mettre toute nue et de danser la Macaréna.
Après un court silence hostile, elle se décida tout de même à répondre.
« Ce ne sont pas des cannes ! » Dit-elle, glaciale. « Ce sont des bourdon de mage ! »
Elle se tut. Le brigadier comprit qu’il n’en apprendrait pas plus. Il faudrait qu’il regarde dans un dictionnaire ce qu’était un bourdon de mage. Finalement il suivit son chef qui était déjà bien loin.

Les sœurs Vandenloo regardèrent s’éloigner les deux policiers qui faisaient de leur mieux pour ne pas se mettre à courir en hurlant pour fuir au plus vite l’îles des sorcières.
Crouic-crouic, qui s’était caché dans l’un des buissons d’osier, refit apparition et poursuivit les deux hommes. Ces derniers se mirent à courir à toutes jambes. Arrivés au fossé plein d’eau, ils ne prirent pas la peine d’utiliser la passerelle. Ils sautèrent par-dessus la conche comme s’ils avaient fait ça toute leur vie. Quoique, comme il manquait un peu d’exercice physique, le commissaire tomba dans l’eau. Le brigadier Poivrot dut l’aider à se sortir de là sous les regards hilares du cochon.
- Tu en pense quoi ? Demanda Gertrude à sa sœur.
- Mignon ! Répondit Cunégonde en continuant à fixer le brigadier des yeux.
- Je te parle pas du policier, je te parle de cette histoire d’inscription en elfique.
- Je ne sais pas… Se reprit Cunégonde. C’est bizarre, qui peut utiliser de l’elfique de nos jours ?
- Surtout sur une arme ayant servit à un meurtre.
- Et puis ce message : ‘ ne vous mêlez pas de ça ‘ est plutôt curieux. Renchérit Cunégonde.
- Ouaip, tout à fait d’accord… moi ça me donne encore plus envie de m’en mêler.
Les deux sorcières s’échangèrent un regard entendu. Elles avaient justement très envie de se mêler de ça maintenant. Ce n’était pas un virus informatique qui les en empêcherait.
Il ne fallait jamais réveiller l’intérêt d’une sorcière… et encore moins quand elles étaient deux.. … deux sorcières et un Sphinx (ce qui comptait pour un demi sorcier dans le monde des Praticiens Occultes) car Kuxata allait sans doute s’en mêler aussi


Les sœurs Vandenloo et Kuxata allaient entrer en piste… Meurtrier de Sainte-Gudule, prépares-toi à affronter deux sorcières et demi !



Bon, ben fin du deuxième chapitre.. désolé, il fait 16 pages sous word alors c'était une peu long à poster ici.


Dernière édition par reveanne le Lun 06 Avr 2009, 22:59, édité 1 fois
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Re: bafouille à moi...

Message par Rackaël le Sam 10 Fév 2007, 09:22

Merci pour tout ca Reveanne..... je prends des vacances et j'attaque à lire, promis!

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Re: bafouille à moi...

Message par vennusse le Sam 10 Fév 2007, 11:05

blanc sur fond ....quel couleur il est le fond...mdrrrrr
ça pête les yeux. bbb
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Re: bafouille à moi...

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